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Face Contre Ciel - Ozanam & Bandini

Posté le 29 avril 2008 dans BD.

Busaras est un ancien soldat traumatisé par la guerre. Son monde se réduit au désert rocailleux, aux loups (ses proies) et aux oiseaux (ses enemis) - et non l’inverse.

Busaras n’aime pas les oiseaux. Mais alors pas du tout. Il les hait, surtout quand ils lui volent sa nourriture. Comme c’est une guerre, et que la meilleure défense est l’attaque, Busaras décide de capturer ses maudits oiseaux, grâce à son armées d’épouvantails à son effigie.
Parmi les oiseaux qu’il a capturé se trouve le roi des oiseaux, qui lui propose un marché : Busaras doit libérer tout les oiseaux, et le roi restera avec lui, pour lui tenir compagnie et lui obéir.
Mais Busaras est sans doute trop naïf, d’où sa fin tragique… et sa renaissance.

“Face contre Ciel” est construit en 4 actes, la première partie dans le désert est très étrange, violente, la seconde plus poétique, pleine d’espoir, la troisième est mystérieuse tandis que la dernière est dramatique. Voilà le voyage que nous propose Ozanam dans l’univers écorché de Bandini: Jamais le terme “écorché” ne s’est aussi bien appliqué pour caractériser un dessin. Dans les premières pages on a du mal à s’y faire, au terme des 116 pages on admire le carnet de croquis en bonus. Le récit sait nous surprendre, et ne nous laisse pas indifférents.

Attention OVNI ! Cette BD fait partie de celles qui vous offrent en une centaines de page un petit monde dont on se souvient longtemps après avoir refermé l’album. Même si on pourra regretter la qualité du papier des éditions KSTR, il serait dommage de passer à côté de cette pépite (d’autant que le prix est très raisonnable - 10 € - quand on voit les prix pratiqués dans les autres collections franco-belges…)
Merci pour cette découverte Véro…

Katie Melua Pictures Tour au Colisée de Roubaix le 29-03-2008

Posté le 31 mars 2008 dans Concerts.

Deux ans après l’avoir vue au théâtre Sébastopol à Lille, je retrouvais hier soir la belle Katie au Colisée de Roubaix. La petite chanteuse a cumulé les records de vente depuis deux ans, et a sorti son troisième album en septembre dernier. Son style de musique a séduit le monde entier, avec un savant mélange de jazz vocal, de blues et de pop…. bien que le mélange se soit légèrement déséquilibré à mon goût sur le dernier album, ce qui s’est ressenti aussi en live.

Je ne sais pas pourquoi, mais c’est toujours quand on est pas en avance qu’on réalise que la rocade est bouchée pour cause de bretelle fermée et qu’on reste bloqué pendant que la première partie commence. On est arrivés au Colisée quelques minutes avant que Katie entre en scène. Elle commence son show très très doucement, avec plusieurs titres seule à la guitare : Piece by Piece, l’occasion de se dire qu’elle assure toujours autant si ce n’est encore mieux niveau voix, et “I Think It’s Going to Rain Today”, superbe reprise de Randy Newman. On est plus habitué à l’entendre accompagnée au piano sur celle ci, mais elle a justement choisi de le faire à la guitare pour changer. Personnellement j’aimais bien au piano.
Katie s’assied justement au piano pour jouer “I Do Believe In Love”, issue du dernier album. Très bien dans ce style de chanson calme.
Le groupe arrive enfin sur scène, et encore… c’est assez spécial, des panneaux coulissants servent d’écran à des images pré-enregistrées des musiciens (la vidéo du batteur n’était pas calée…) qui jouent “My Aphrodisiac Is You”. Visuellement il n’y a vraiment rien à redire c’est vraiment bien fait. Mais on a l’impression de tomber dans l’excès visuel : impressionnant, mais sans âme. Je dis ça comparé au concert au théâtre Sébastopol il y a deux ans ou c’était une Katie beaucoup plus présente sur scène et surtout plus ouverte ou public (et réciproquement) : les images sont un rempart entre elle et le public, d’autres l’ont démontré depuis longtemps, et ça s’est vérifié hier soir.
C’est exactement la même chose sur “Crawling Up A Hill”: les panneaux sont décalés et diffusent des images d’un train qui monte ou qui descend selon l’orientation des panneaux. Vraiment excellent visuellement.

Sur “Mary Pickford” - la seule qui sort du lot sur “Pictures” - ca va encore plus loin : des images d’archives montrant Charlie Chaplin, Mary Pickford, Douglas Fairbanks et David Griffith défilent sur l’écran au dessus de la scène, 4 minutes après on baisse les yeux sur le groupe. Ah oui c’est vrai ils étaient sur scène aussi.
Une des plus belles chansons de “Piece By Piece”, qu’elle avait dédiée à Lille quand elle l’avait joué en 2006, c’est “Blues In The Night”. Des morceaux comme elle devrait en écrire plus. Bluesy, jazzy, qui montre ses capacités vocales, avec une réelle ambiance de blues. C’est à dire tout l’inverse de la suivante : “If I Were A Sailboat”. Cette chanson me désole vraiment : la musique est jolie, la mélodie a ce petit truc qui fait que ça marche, mais alors les paroles… c’est niais et vraiment affligeant (”si tu étais une rivière je nagerai dedans”, “si j’était un téléphone tu me ferais sonner toute la journée”…). Comme le public ne comprenait rien à ses introductions de chanson, je comprend pourquoi ils ont applaudi à tout rompre sur ce titre.
A propos des intros de chansons justement, Katie s’exprime souvent entre chaque titre, mais en anglais. Alors même si on sent que c’est écrit, j’aime bien avoir des petites anecdotes sur les morceaux. Mais bon là ça ne prenait pas en comprenant, et quand elle a parlé d’escargots j’ai rien compris, et elle devait attendre des rires ou je ne sais quelle réaction du public. N’en voyant pas, elle a commencé le morceau visiblement déçue.
S’ensuit “Ghost Town”, au rythme reggae, rien de remarquable, et enchaînement sur “Thank You Stars” de l’album “Piece By Piece”. “Perfect Circle” ne m’emballe pas du tout, mais quand c’est le fameux “Spider’s Web”, là c’est du grand art. C’est le parfait exemple pour démontrer qu’on peut faire un superbe titre pop/fm-ready sans pour autant pondre des paroles stupides. C’est sans doute le seul morceau que j’ai préféré cette année par rapport à la version 2006, sans doute grâce au piano.
Sur “Scary Films” c’est comme pour “Mary Pickford”: des images de vieux films d’horreurs genre Nosferatu défilent sur l’écran, ça divertit.
Attention les yeux ensuite avec “Spellbound”, la chanson que j’aime le moins sur “Pictures” (donc je l’aime vraiment pas) et en live c’est pas mieux, j’ai trouvé ça très ennuyeux, style chanson nette, et ça fait mal aux yeux.

Aux première notes de “Mockingbird Song”, je me dit que ça y est, le concert va décoller. En 2006 c’était un grand moment du concert avec une Katie qui courait partout avec son tambourin et qui faisait participer le public pour les “ohohohohoh oh ohoh” (je sais ça rend pas). Ici rien de tout celà, mis à part que oui elle bouge sur scène, mais elle est bien la seule, la salle reste bien sagement dans son fauteuil, applaudit poliment. Très décevant.
Un autre single ensuite mais du premier album cette fois “The Closest thing To Crazy”, même si les paroles ne m’emballent pas je suis forcé de reconnaître qu’elle l’interprête magnifiquement, avec l’émotion qu’il faut.
Et c’est LE tube de Katie avec “Nine Million Bicycles”, tout le monde connaît, et rien de très différent sur scène, mais c’est un bon moment, comme on apprécie un bon titre bien ficelé.
Le groupe salue vite fait et revient peu après pour les rappels.
Ah “On The Road Again” ! Ca devrait partir ce coup ci elle va réveiller le public. Ah non. Bon bah tant pis.
Deuxième rappel. Tiens je connais pas celle ci. Au bout d’un moment je me dit “Mais c’est du génie ce qu’elle nous fait là”. A la fin du titre je décide que c’était le meilleur moment du concert et de loin. C’est une reprise de Janis Joplin “Kozmic Blues”, et là encore, comme par hasard, c’est une chanson bien bluesy. Katie est faite pour ça et elle le fait à merveille, j’espère que son prochain album sera plus dans cette veine.
Dernier rappel, seule à la guitare, le mielleux “I Cry For You”. Mielleux mais ô combien superbe, surtout en live, ou Katie donne toute sa voix. Très belle façon de terminer, bien qu’un Faraway Voice ne m’aurait pas déplu dans le même style.

De très bons moments, mais assez décevant par rapport à la tournée Piece By Piece. Le show est bien ficelé, fait la part belles aux titres de “Pictures”, ce qui est, finalement le plus gros défaut de cette tournée: son troisième album étant plus pop que jazz/blues, ce n’est plus vraiment la Katie qui m’intéresse. J’espère qu’elle fera un quatrième album peut être moins FM-ready et plus bluesy. Toujours est-il que c’est une très grande chanteuse, sans doute encore meilleure qu’il y a deux ans, épaulée par un groupe très pro (Henry Spinetti en tête). La mise en scène est vraiment bien pensée, très impressionnante, mais hélas au détriment d’une complicité entre une artiste et son public.