Lazuli – Réponse Incongrue à l’Inéluctable

 

Réponse Incongrue à l'Inéluctable - Lazuli

Ca y est ! Le nouvel album de Lazuli est enfin sorti. Deux ans après « En Avant Doute », le groupe a su trouver son public, se faisant sa place dans le monde très éclectique du Rock Progressif. Avec « Réponse Incongrue à l’Inéluctable », ils se confortent dans ce genre avec des sons très électriques et les textes aiguisés de Dominique Léonetti.

Pour rappel, Lazuli est un groupe du Gard, emmené par Dominique Leonetti au chant et aux guitares, son frère Claude à la Léode, Gédéric Byar à la guitare électrique, Sylvain Bayol à la Warr Guitar, Johan Simeon aux percussions et Fred Juan au marimba et aux percussions. Un groupe volontairement en dehors du schéma « guitare-basse-claviers-batterie ».
Leur premier album – épuisé – sors en 1999, et malgré la qualité de celui-ci, ne trouve pas son public.
En 2004, leur premier « vrai » album était à la frontière de plusieurs genres, entre chanson, world-music et progressif.
En 2007, « En Avant Doute » leur a fait faire un grand pas dans le monde du progressif, et « Réponse Incongrue à l’Inéluctable » les confortent dans ce genre.
L’album s’ouvre sur un texte très sombre « Abîme » – qui fait écho à « Mal De Chien » – sorte d’antithèse de « La Valse à Cent Ans » du précédent album: un couple qui ne résiste pas au temps et se sépare, tout simplement, avec ce que cela implique de tourments et de troubles. La musique est très torturée également, avec un énorme travail sur les percussions et la rythmique en général. On sent dans ce morceau toute la maturité du groupe qui a trouvé un son qui lui est propre, un univers.

« Ce gouffre entre nous… abîme… »

Le second morceau est un hymne écologique « On Nous Ment Comme On Respire »: ils reviennent sur le nuage de Tchernobyl qui s’arrête à la frontière française, les OGM sans dangers pour l’homme, les catastrophes écologiques comme l’Erika ou le réchauffement climatique… Des textes admirables, et un refrain qui à vraiment le potentiel d’un hymne, c’est sans doute la chanson la plus accessible de l’album dès la première écoute. Elle mériterait même de sortir en version single sans la seconde partie du morceau, où la musique continue avec les échos du refrain, mixés avec des extraits de discours de Sarkozy, Bush, de journalistes qui parlent de Kyoto ou de la polémique du nuage de Tchernobyl en France… l’ambiance rapelle celle de « Amused To Death » de Roger Waters, avec des voix dans le même style. Après un mois d’écoute quasi quotidienne, c’est toujours ma favorite de l’album.
Vient ensuite « Prendre La Vie Par La Face Nord », un morceau dépouillé, avec quelques accords de mandoline, et un texte touchant en hommage au père de Dominique et Claude. Le final s’électrise, avec des riffs en cascade du plus bel effet. Un très beau morceau, mais qui a quelque chose de je ne sais quoi qui fait qu’il est relativement peu facile d’accès, et qui mérite donc plusieurs écoutes avant d’être pleinement apprécié.
« Aimants » est plus dans le style d' »Abîme », un morceau très électrique, un refrain entêtant. Mais à la différence d' »Abîme », le texte, plus énigmatique, semble nettement plus optimiste. Musicalement, il me rappelle énormément « En Avant Doute ».
Le morceau suivant, au titre surprenant « Toujours un Gars sur un Pont », débute par des sons torturés, métalliques, une musique inquiétante… mais sur un chant agréable, surtout lors du refrain qui a la verve d’un single. Et la chanson parle tout simplement des hommes qu’on voit au dessus des ponts… et on se demande ce qu’il y font. Un morceau très bien pensé, avec encore une fois un travail conséquent sur les sons.
Les trois morceaux suivants forment un tout:  « La Belle Noirceur ». C’est le morceau que j’aime le moins pour le moment – peut être celà changera-t-il.
Le prologue installe une atmosphère, avec encore des sons arrangés, bref, du travail d’orfèvre. Ce prologue se ferme sur un arpège de guitare acoustique de Jean Pascal Boffo, un habitué des cercles angéliques. Peut-être est-ce inconscient, mais « La Belle Noirceur » me fait penser à Ange, justement.
Un très beau texte dans tout les cas sur un thème pourtant pas évident, un rythme très bien géré.
J’aime beaucoup le final « Epilogue », avec la guitare (ou la Léode samplant la guitare ?) qui revient pour un solo en fondu, rejoint par ce qui semble être d’ l’accordéon, et des percussions et des cascades de piano en fond. Une fanfare sombre qui s’éloigne…
Et c’est déjà la fin avec « Essentiel », qui porte vraiment bien son nom. Un morceau qu’on imagine dans une boite sur un petit coussin de velours: un bijou.
Une mandoline, la Léode, et surtout la Voix et le texte de Dominique… une douce mélancolie… Un texte à l’interprétation ouverte, qui risque d’évoquer différentes choses selon les auditeurs ou trices.

« Je suis l’ingénu qui se marie au ciel
Je n’existe plus, et c’est bien l’essentiel… »

« Réponse Incongrue à l’Inéluctable » apporte un nouveau petit trésor dans le paysage musical français. Si vous aimez de près ou de loin le rock progressif, Lazuli vous comblera. « Réponse Incongrue à l’Inéluctable » continue sur le chemin pris avec avec « En Avant Doute », avec un style inimitable et une réussite, aussi bien instrumentale que vocale, qui mérite qu’on y prête une oreille ou deux.
L’achat de leur album est vivement recommandé, il est disponible en paiment Paypal sur le myspace et sur le site du groupe. Mais ne vous arrêtez surtout pas là : Lazuli, il faut les voir en live ! Si ils passent dans votre coin faites le déplacement, ne serait-ce que parce qu’il sont bien sympathiques !

le nouveau site web de Lazuli
le Myspace de Lazuli

UN COMMENTAIRE

  1. lecorne dit :

    Je partage tout à fait ton écrit – leur nouveau cd
    est un vrai bijou ,ciselé avec Art !!!!

    J’ai hâte de les retrouver le 2 décembre à Verviers
    au Spirit 66 !

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