Pink Floyd – Animals

Animals

Pink Floyd

1974 - Harvest

Début 1977, Pink Floyd sort son 10ème album. Pochette mythique, musique exceptionelle, il était temps de faire un article sur mon album préféré de Pink Floyd.

Après « Wish you Were Here » en 1975, et après avoir rôdé certains titres en live comme à leur habitude, Pink Floyd enregistrent « Animals » en 1976, dans leur tout nouveau studio, Brittania Row à Islington. L’ambiance est curieusement assez bonne, meilleure que pour l’enregistrement de Wish You Were Here en tout cas.
Le trop sous-estimé Rick Wright, pilier du son Pink Floyd, est plus en retrait sur cet album, ses problèmes personnels jouant sans doute, et Waters laissant peu de place : il prend clairement le pouvoir sur les paroles et les concepts des albums à partir d’Animals.

S’inspirant de « Animal Farm », un court roman de George Orwell, Waters va tout simplemement transposer la vision du monde d’Orwell en musique : le monde y est divisé en trois castes: les chiens, agressifs et bruyants, les porcs, opulents et cruels, et les moutons, qui se contentent de suivre et d’obéir.

A la base, il n’y avait que les 3 morceaux centraux, mais Waters a décidé de rajouter les petites ballades « Pigs On The Wing » au début et à la fin. Le fait que les musiciens touchaient des royalties au nombre de titre signé sur l’album n’a rien à voir bien sur.

« Dogs » tout d’abord, seul morceau co-signé par Waters et Gilmour, et chanté en partie par ce dernier, dure tout de même un bon quart d’heure. Construit en deux parties, un peu à la manière d’ « A  Day In The Life » de Lennon et McCartney, la première est écrite par Gilmour et la seconde par Waters, avec un pont conséquent entre les deux.
Gilmour, avec un son de guitare plus agressif qu’à l’accoutumée, y fait des merveilles.

« Pigs – Three Different Ones » est sans conteste le titre le plus politique, chaque couplet s’attaquant violemment à une cible: le premier couplet cible les businessmen en général, histoire de se mettre en jambes, le second s’attaque déjà à Thatcher, sans la nommer, et le troisième à l’ultra-conservatrice Mary Whitehouse, présidente d’une association « bien-pensante » anti homosexuels, anti-rock, anti à peu près tout sauf Jésus. « Whitehouse » à ne pas confondre avec « White House », Waters s’attaque plus à la White House ces derniers temps qu’en 77 d’ailleurs.

« Sheep », anciennement connue sous le nom de « Raving and Drooling » a été rodée sur les tournées précédentes. Le riff final de Gilmour est un petit bijou, joué tout en accords. Au niveau paroles, on reste proches d’Orwell avec les moutons ignorants, qui ne savent pas qu’on les conduit à l’abattoir, et qui finissent par se révolter.

A cette époque, le punk était le truc du moment. Johnny Rotten arborait un tshirt « I Hate Pink Floyd », et le rock-progressif, après une période de grâce de 69 à 74, est désormais plutôt mal vu par la presse. Pink Floyd s’en tire plutôt bien, atteignant tout de même la deuxième place des charts anglais lors de la sortie, et première place en France.

La tournée qui a suivi fut à la hauteur de l’album: gigantesque, avec le fameux cochon volant qui restera la marque de fabrique de Pink Floyd – et de Waters en live encore l’année dernière. C’est aussi sur cette tournée que ce dernier pètera les plombs, crachant sur un fan pendant un concert à Montréal, faisant germer l’idée de « The Wall », mais c’est une autre histoire…

Quelques mots sur la pochette, à l’histoire bien connue du cochon volant hors de tout contrôle au dessus de la banlieue londonienne. En effet à l’époque, pas de Photoshop, un cochon gonflable géant a été installé au dessus de l’énorme Battersea Power Station au sud de Londres. Un snipers était en poste, au cas où, mais le shooting a été reporté au lendemain en raison du temps. Le lendemain, le sniper était en retard…, et Algie s’est envolé, perturbant le trafic aérien et finissant son voyage dans le Kent.
Comme toujours c’est le génial studio Hypgnosis avec Storm Thorgerson qui a réalisé cette pochette, bien que la paternité de l’idée revienne à Roger Waters.

Les éditions en vinyle sont nombreuses, mais ma préférée va à la première édition française : en effet, pour une raison qui m’echappe, la France a eu droit à une édition limitée « rose cochon » en 1977. On oubliera aisément les versions moyennement officielles sur picture disc, et même les remasters récents qui n’apportent rien, comparé à un bon pressage d’époque.

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