Ana Popovic @ Théâtre Charcot Marcq-en-Baroeul 25 novembre 2017

Deux ans et demi après son dernier passage remarqué dans le coin (à Lomme, deux concerts complets), Ana Popovic est de retour, un seul concert cette fois au Théâtre Charcot, complet dès sa mise en vente. Il y a fort à parier qu’elle remplirait un Splendid sans soucis, histoire de faire entendre sa musique au plus grand nombre, à l’instar de sa consœur Beth Hart l’année dernière

La belle blonde a sorti un nouvel album depuis sa dernière tournée, l’ambitieux « Trilogy » qui comme son nom l’indique, contient 3 CD, pour 3 facettes de son style musical: un premier CD funky, un second blues rock, et enfin le dernier plus jazzy. Je n’ai malheureusement pas su entrer dans cet imposant travail, me disant que j’aurais plus apprécié en 3 albums différents, histoire que ce soit plus digeste. Reste que certains titres fontionnent très bien, et pour en avoir vu certains sur scène ce soir, la preuve est faite, comme à chaque article, que c’est sur scène qu’il faut découvrir le travail des musiciens de cette trempe.

Elle est accompagné des fidèles Stéphane Avelleneda à la batterie et de Michele Papadia au clavier. Sur cette tournée, Ronald Jonker officie à la basse, Davide Ghidoni à la trompette et Claudio Giovagnoli au saxophone: en effet, nouveauté par rapport à la dernière fois, une section cuivre s’est greffée au corps « blues-rock » pour un ensemble plus funky.

Outre Ana Popovic, dont la classe n’est plus à démontrer, deux belles dames s’illustrent dans ses mains avec ses stratocaster : une reissue de 57, sunburst, qui a tant de vécu qu’on dirait qu’elle est effectivement de 57, et une fiesta flamboyante reissue 64. Elle joue aux doigts et au bottleneck en verre, selon les titres.
Ana est une guitariste d’exception, partageant l’affiche avec des Buddy Guy ou Joe Bonamassa. Son jeu est flamboyant, les notes déferlent sans peine, et démontre aussi aussi en de trop rares occasions à mon goût un toucher plus subtil, en retenue, sur des titres moins rock, ou elle excelle également.

Le groupe est entré sur scène sans elle, à l’américaine, chauffant un peu la salle avant que l’exubérant Ronald Jonker l’invite sur scène. Comme toujours avec Ana, le talent est sexy et assumé, moulée dans une robe en cuir noir et perchée sur des talons vertigineux. Dès qu’elle passe la bandoulière de sa strato, elle se laisse porter par la rythmique efficace posé par le groupe, sur un premier morceaux instrumental, comme un échauffement avant d’enchaîner sans aucune pause sur la chanson titre de l’album « Can You Stand The Heat », où les cuivres sont plus que bienvenus, tout comme sur « Object Of Obsession » issu du même album.

On passe ensuite sur un titre de trilogy, version  funky blues avec « Love You Tonight » aux paroles sans équivoque, avant de surprendre – bien que le titre était déja présent lors de la dernière tournée – avec « Every Kind Of People », la reprise de Robert Palmer, qui fonctionne de mieux en mieux entre les solos de guitare et de clavier, la touche jazzy des cuivres, un très bon moment.

Ana prends suite le temps d’introduire le morceau suivant, issu de Trilogy, concluant avec un « Check It Out! », il s’agit de « She Was a Doorman », plutôt rock, précédant « Johnny Ray », un « deep blues », selon ses termes, des plus réussi. Mais désireuse de varier de style, changement radical d’ambiance avec « Long Road Down », au rythme funky efficace malgré des soucis techniques qui viennent entacher la fin du morceau: sa pédale de volume n’était plus alimentée, et pas moyen de la faire repartir.
Si bien qu’à l’issue du morceau elle a rclamé qu’on vienne règler se problème, mais personne ne venant, avec le sourire, elle a décrété un entracte le temps que tout soit réglé.

Ils reviennent tous sur scène, sans cérémonie, une dizaine de minutes plus tard, pour une reprise de Tom Waits « A New Coat Of Paint » qui, sans être désagréable, ne pas m’a pas séduit plus que ça. En même temps, on touche pas à Tom Waits… La reprise est néanmoins louable puisqu’Ana Popovic se l’approprie totalement, avec son univers musical.

Le voyage dans les styles se poursuit avec un morceau jazzy issu de Trilogy, puis « If Tomorrow Was Today », qui reste dans cette veine, avec un son de guitare très Hendrix avec des couleurs funky.

Nouvelle reprise: « Fencewalk » des Mandrills, hit funk de 72, où Ronald Jonker et les cuivres s’en donnent à cœur joie – et avec brio, ce bassiste est un phénomène. Ana revient ensuite sur un titre plus ancien, néanmoins très funky aussi avec un « How you’d learn to shake it like that » énergique.

Elle nous prévient ensuite que le morceau suivant sera bruyant. Les cuivres sont partis en coulisses et le groupe opèrent un virage blues-rock puissant, avec une reprise d’Hendrix, « Can You See Me », la favorite d’Ana.

Tout le monde reviendra sur scène pour le final « Show Me How Strong You Are », dont le titre se prête à merveille à l’exercice traditionnel du solo des musiciens: Davide et Sergio montreront leur savoir-faire, avabr que Ronald ne s’en mêle avec un solo de basse d’anthologie. Stéphane aura aussi son – court – solo de batterie. Le groupe retournera en coulisses quelques instants avant de revenir pour le final, que, chose n’est pas coutume, j’ai filmé en intégralité.

Ana Popovic sait s’entourer de musiciens efficaces, et avec cette nouvelle formation, elle joue sur scène un blues funky plus proche de ses albums que lors de sa précédente tournée, beaucoup plus rock. Difficile de dire laquelle j’ai préféré. Toujours de très bons moments avec cette artiste sympathique, qui, comme toujours, s’est livré au jeu des photos et dédicaces sitôt le concert terminé. De quoi constituer un public fidèle, qui malgré la moyenne d’âge, a réservé l’ambiance et l’accueil mérité pour un spectacle aussi énergique.

Ana Popovic : la setlist

Ana’s shuffle
Can you stand the heat
Object of Obsession
Love you tonight
Every kind of people
She was a Doorman
Jhonny Ray
Long Road Down
Entracte
New Coat of Paint
Jazz Song
If Tomoroow was today
Fencewalk
How you’d learn to shake it like that
Can You See Me
Show me how strong you Are
Rappel;
Count me In
Un très grand merci à Aurélien pour l’accréditation photo

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