Le temps d’une Lune, mon festival préféré, revient pour sa deuxième édition. Attacafe a concocté un programme toujours aussi intéressant, et on commence très fort ce soir avec deux toutjeunes groupes : Hajar Benshain et son groupe lillois, et Zerzura, transporté par l’incroyable Hend Elrawy
Hajar Benshain
Hajar Benshain est une chanteuse franco-marocaine, qui a monté son groupe avec ses amis issus comme elle du Conservatoire de Lille. Tout d’abord au violon et au chant, c’est Zuzanna Skowron, à la guitare électrique ou non, c’est Yannis Meegens tandis qu’aux percussions c’est Johannes Leroy.
Autant le dire tout de suite : j’ai adoré leur set, leur énergie, leur musique, et je me désespère déjà de les revoir sur scène.
Hajar mêle influences soul, jazz, classiques de la musique orientale, et un petit quelques chose de blues qui font que cette première partie est passée en un éclair. Le violon de Zuzanna colore leur musique avec panache, la guitare de Yannis porte la voix evocatrice d’Hajar, et s’offre même quelques arpèges de solo. Aux percussions, c’est tout aussi pro avec l’élegance du style de Johannes.
On sent un groupe qui s’éclate sur scène, comme en témoignent les nombreux sourires échangés entre eux, et surtout qui a séduit à l’unanimité le public du club.
Zerzura
Zerzura est un tout nouveau projet – c’était ce soir leur deuxième scène – autour de la chanteuse Hend Elrawy, ex-voix d’Orange Blossom, notamment sur Under The Shade of Violets. Côté musiciens il s’agit du groupe Mazalda, avec les frères Spirli aux claviers (un pour les basses, l’autre pour le reste), Yann Lemeunier à la batterie, et au banjo branché sur de multiples pédales pour imiter le saz, l’oud ou de la basse, c’est Stéphane Cézard. Je pense qu’en termes de configuration musicale, on sort clairement des sentiers battus, mais ça fonctionne très bien. Les envolées de synthé sur des gammes orientales accompagnent la voix de Hend. Son chant est intense, habité, mystique. Yeux fermés, elle vit sa musique et cela se ressent. Concernant le banjo… eh bien pourquoi pas, mais je me suis surpris a imaginer « Et si y’avait un vrai oudiste, et des flûtes orientales, plutôt que des synthés et des pédales d’effet ? ».
Un projet étonnant, mais qui remplit largement ses promesses. Le public était conquis, et d’après les échos que j’en ai eu, les enfants lors du goûter-concert l’après-midi également.
Un grand merci à Attacafa et le Grand Mix pour cette soirée