Entre oud céleste et envolées vocales d’un autre monde, le public du Tourcoing Jazz Festival est resté suspendu à la musique de Dhafer Youssef ce soir au Théâtre Raymond Devos, après un premier plateau sous le signe du voyage en Méditerranée avec le contrebassiste Renaud Garcia-Fons
Renaud Garcia-Fons
Premier plateau de la soirée avec le contrebassiste Renaud Garcia-Fons, accompagné de sa fille Solea au chant et à la guitare, Jean-Luc du Fraya et Stéphane Caracci. Un jazz méditerranéen, teinté de flamenco et de musiques du monde, qui navigue entre douceur et virtuosité. Garcia-Fons est un technicien impressionnant – la contrebasse en solo ou en pizzicato, il en fait ce qu’il veut. Pas forcément le genre de jazz qui fait partie de mes écoutes habituelles, mais un set soigné et cohérent, et le public du Tourcoing Jazz Festival, manifestement connaisseur, a su l’apprécier à sa juste valeur.
Dhafer Youssef
Dhafer Youssef, c’est le genre d’artiste qui divise. Le oudiste et chanteur tunisien, entouré de Mark Priore au piano, Mario Rom à la trompette, Swaéli Mbappé à la basse et Tao-Ehrlich à la batterie, propose une musique qui mêle jazz contemporain, musique arabe et souffle mystique. La qualité musicale du groupe est indéniable – Swaéli Mbappé à la basse est impressionnant, et la trompette de Mario Rom dialogue avec l’oud de Dhafer avec une élégance certaine.
Mais je venais pour l’oud, instrument que j’adore… mais les longues envolées vocales mystiques de Dhafer Youssef ne sont vraiment pas mon truc, c’est clairement une question de sensibilité personnelle. Le public du Théâtre Raymond Devos, suspendu à chaque note, n’a visiblement pas eu ce problème – les ovations à la fin du set parlaient d’elles-mêmes. Pour les amateurs du genre, c’était sans doute une soirée inoubliable.