Voir le phénomène interplanétaire Angine de Poitrine sur scène à Tourcoing en 2026, c’était inespéré… mais le passage du club à la grande salle – et beaucoup de chance – m’ont permis d’y assister… sans photos.
Under The Reefs Orchestra
Les bruxellois d’Under The Reefs Orchestra ont la lourde tâche d’ouvrir pour Angine de Poitrine, plus qu’attendus. Le trio guitare saxophone baryton et batterie parvient pourtant sans mal à séduire le Grand Mix avec leur musique instrumentale inclassable. Eux se définissent comme un croisement entre la musique de chambre française du XIXème siècle et Moondog. Il y a du post rock, il y a du blues, il y a du jazz… il y a surtout énormement de travail et une musicalité qui se renouvelle sur chaque titre.
Le saxophone baryton de Marti Melia se vit en live, cherchez pas, la présence scénique et sonore ne peut se vivre qu’en live, et croyez moi, les basses qui sortent de ce cuivre vous ancrent dans leur univers. A la batterie, Jakob Warmenbol est créatif, omniprésent, va jusqu’à taquiner des cloches, c’est du tout bon. Et à la guitare, c’est Clément Nourry qui sculpte leur univers, là encore avec une versatilité qui force le respect.
Une excellente découverte, à revoir sur scène !
Angine de Poitrine
Que dire sur ce groupe qui n’a pas déjà été dit. La phénomène est mondial et il y a bien longtemps qu’un groupe n’avait pas autant fait parler de lui par sa démarche artistique. Elle divise, forcément, qui dit succès dit rageux.
Pour ma part, dès le lendemain de leur fameux enregistrement chez KEXP, j’ai découvert leur musique, un peu ardue, mais qui avait tout pour me séduire : des déguisement à la Monty Python, et une double guitare basse microtonale, King Gizzard style.
La grande question est : auraient-ils eu le succès qu’ils rencontrent sans les déguisements ? Rien n’est moins sur.
J’étais à la fois impatient et méfiant de les voir sur scène : je n’arrive jamais a écouter un de leur album en entier, leur musique est riche et demande une certaine concentration pour l’écouter, du moins à moi. Alors en concert…
Eh bien ça passe très bien en concert ma foi, justement grâce à leur univers. Leur dialecte absurde, les poses qui ne le sont pas moins pour lancer les morceaux, les gourdes avec pailles ergonomiques pour s’immiscer dans leurs masques, tout fonctionne extrêmement bien. Et musicalement, c’est à la hauteur de leur réputation : c’est pointu, c’est pas ce qu’on entends tous les jours
Khn de Poitrine danse sur les pédales, loopant sans cesses ses riffs complexes, sur la basse ou la guitare microtonale. Klek de Poitrine, dont le déguisement me fait penser aux chevaliers du NI, est un batteur hors normes.
Je ne m’explique du coup toujours pas leur succès, l’engouement tient sans doute d’une partie de curiosité, de FOMO, et, je l’espère, d’une soif de quelque chose de nouveau, absolument pas formaté.
Le Grand Mix était plein (« Complet complet ? Complet complet ! » comme ils ont affiché sur la porte) ça a crowd surfé pendant les 1h15 du concert.
Les deux premiers albums sont sortis, la tournée est un triomphe et se veut mythique, reste à voir ce que ça donnera sur la durée…