On célèbre Genesis au Black Lab ! The Watch revisite le Genesis de 1970 à 1977 avec respect, devant un public passionné.

Le Black Lab était assez plein pour un tribute band de Genesis. Cette phrase est d’une tristesse. Quand on compare avec les Zénith remplis à tour de bras par des tribute de Queen, ou même, pour rester dans le prog, de Pink Floyd, pourquoi Genesis n’a pas la popularité et la reconnaissance qu’il serait en droit d’avoir ? Avec les réseaux sociaux, des chaînes comme Drumeo qui réhabilitent un Phil Collins qui n’a pas été épargné par la police du bon goût, on pourrait se dire que ça devrait être OK maintenant,.. mais à laisser traîner une oreille dans la fosse ce soir, on se dit que le meilleur ennemi de Genesis, c’est son public, toujours aussi prompt à opposer les périodes, à vilipender le « Genesis commercial » quoi que cela signifie pour mieux mettre sur un piedestal les rythmes en 9/8 ou 13/8 d’une époque forcément meilleure, parce que ça fait bien. Quel dommage.
La tournée de 2007 restera pour moi le meilleur pied de nez à tout ceci, ou « Land Of Confusion » précédait « In The Cage », et « Ripples » « Throwing It All Away ».

Mais revenons à The Watch, qui revisite la période Phillips + Hackett. C’est un tribute band Italien, mais c’est pas si simple. Aux origines, en 1997, c’était un groupe de prog rock de la région milanaise, très influencé par Genesis, tant et si bien qu’ils finissent par inclure des reprises dans leurs concerts. En 2010, ils tournent avec un spectacle hommage au groupe anglais. Ils se taillent une solide réputation, notamment grâce à leur qualité musicale, et la voix de Simone Rossetti, très proche de celle de Peter Gabriel dans les années 70. Contrairement à The Musical Box, tribute band montréalais déjà chroniqué ici, pas de costumes de scène, scénographie d’origine, on se concentre sur les version studio. En 2017, ils sont adoubés par Steve Hackett lui-même, qui joue de la douze cordes sur leur album « Seven ».

Aujourd’hui, outre Simone Rossetti toujours au chant, on retrouve son fils Mattia Rossetti à la basse et à la guitare, comme Mike Rutherford, en double manche bien avant Angine de Poitrine. A la batterie, caché derrière des parois en plexi ce soir au Black Lab, c’est Francesco Vaccarezza. Aux claviers c’est l’impressionnant Valerio de Vittorio, aussi souriant que Tony Banks est taciturne. Et enfin, à la guitare électrique, une magnifique Gibson sunburst vintage, assis comme Steve Hackett à l’époque, c’est le très jeune Giacomo Gagliardi.

Côté setlist, c’est presque chronologique. On commence tranquillement avec « White Mountain », puis « The Knife » issue de Tresspass. Comment ne pas jouer « The Knife », proto-métal, au Black Lab ! « The Fountain of Salmacis » représente « Nursery Cryme » avant de passer directement à « Seeling England… » avec « I know what I like ». C’est quelque chose d’être dans une salle de concert avec un public de soixantenaires (au minimum) qui chantent « I Know What I Like » en choeur. Et on enchaîne sur le superbe « Firth Of Fifth » avec le solo impeccablement joué par Giacomo.

Le classique des classiques, le morceau favori des fans de prog, « Supper’s Ready » vient ensuite. Les larmes aux yeux en chantant comme le reste du public sur « Lover’s Leap », la chair de poule pendant l’apocalypse mise en musique par Vittorio, Francesco et Giacomo. Un grand moment de 24 minutes.

Ils font une petite pause avant de revenir pour un second set où on part à New York avec « The Lamb » mis à l’honneur avec le triptyque « The Chambers of 32 doors », « The Carpet Crawlers » et « In The Cage » en medley avec un flashback sur « The Cinema Show ». Ca va, tranquille. Quelle discographie tout de même en 4 ans.

On franchit allègrement le pas entre la période sacro-sainte de Peter Gabriel pour l’ère honteuse de Phil Collins, avec un autre chef-d’œuvre, le viscéral « Dance On a Volcano », puis du Steve Hackett au meilleur de sa forme avec « Unquiet slumbers for the Sleepers… In that Quiet Earth… et la fin de All in a Mouse’s Night », issus de « Wind & Wuthering ».

Seul incartade dans leur discographie perso, « Soaring On », entre la douze corde et la flute traversière, est en effet on ne peut plus Genesisien. Leur discographie est un régal d’ailleurs, foncez écouter.

Le fameux solo de batterie qui s’enchaîne sur Los Endos sonne en effet la fin de ce concert, après 2h15 qu’on ne voit pas passer. En guise de rappel, retour sur « Nusery Cryme » avec le sublime « The Musical Box »

La musique de Genesis est dans mon ADN, quelques notes et je suis content. Donc 2h30 avec des musiciens impeccables, c’est parfait.
Je fais beaucoup de concerts, et cela peut sembler curieux, mais j’étais très impatient de voir The Watch ce soir, beaucoup plus que pour beaucoup d’autres concerts. La nostalgie, ça fonctionnera toujours, et quand on voit les programmations des Zéniths qui affichent davantage de tribute bands que d’artistes actuels, rien d’étonnant à cela…

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. Découvrez comment les données de vos commentaires sont traitées.

Articles en rapport
Steve Hackett Paris 2009

Steve Hackett @ Paris

Enfin ! Voilà ce qu'on a pu se dire en voyant que la tournée de Steve Hackett passait par la France cette année. Il n'était pas venu chez nous depuis des années, et cette fois ci, rien de moins que 3 dates à Strasbourg, Paris et Lille.

Lazuli @ Verviers

On avait dit qu’on reviendrait, on est revenus ! Moins d’un an depuis leur dernier passage au Spirit…
Magma Lille

Magma @ Lille

Le mythique Magma, fondateur de la zeuhl music, savant et unique mélange expérimental entre rock et jazz investit le Splendid pour un concert hors normes.
Porcupine Tree Lille 2007

Porcupine Tree @ Lille

Porcupine Tree est un groupe de rock progressif bien à part. Steven Wilson a débuté en 1987, faisant…