Lazuli @ Verviers 30 mai 2010

Lazuli nous a fait le coup du Phénix: après des tensions dans le groupe, Lazuli a perdu la moitié de son effectif avec le départ de Fred, Yohan et Sylvain, respectivement percussions, marimba et Warr guitar / Chapman Stick. Privé de sa section rythmique, l’avenir du groupe était incertain… Heureusement, avec l’arrivée de deux nouveaux membres, nous avons pu découvrir le nouveau Lazuli…et nous émerveiller, une fois de plus.

Le sextet gardois est donc désormais un quintet, avec l’arrivée de Vincent à la batterie et metallophone  et Romain aux claviers et cor d’harmonie. Oui, du cor d’harmonie. C’est Lazuli, on ose des alliages étonnants.
Au chant et à la guitare il y a toujours Dominique, avec sa bonne humeur, ses sourires et son accent qui suffisent à faire passer une bonne soirée. Son frère Claude glisse toujours sur la Léode, l’instrument emblématique du groupe, et Ged, l’heureux papa, est toujours aux guitares électrique.
Avec ce changement de formation, Lazuli a pris des risques: ils passent d’un groupe de prog atypique, sans claviers, sans véritable batterie, à une formation beaucoup plus rock et « traditionnelle ». Plus accessible peut être.

Le concert est programmé à 18h30, très bonne initiative de la part du Spirit, ce qui permet de faire la route après le concert sans rentrer à 2h30 un lundi matin. Pas énormément de monde quand on arrive, malheureusement, ca parle beaucoup « Ange » dans la salle, les mondes Lazuli et Ange étant maintenant liés.
La scène est toujours bien garnie. Deux guitares pour Ged, deux guitares et une mandoline pour Domi, la léode de Claude, un clavier style  Star Trek et un cor d’harmonie pour Romain, une batterie conséquente ainsi qu’un métallophone pour Vincent.
Le concert débute avec un peu de retard, première surprise, ils commencent par un nouveau morceau: « Festin Ultime ». Intro aérienne, chant posé (et texte superbe, à réécouter) avant une seconde partie plus instrumentale et plus musclée. On réalise tout de suite le changement dans le son Lazuli avec l’ajout de la batterie… ca claque bien, comme on dit.
Ils enchaînent sur « Laisse Courir », qu’on redécouvre. L’instrumentation est différente en effet, mais ça reste un son lazuliesque, et c’est du très bon. Le cor d’harmonie, surprenant au début, se mêle curieusement très bien aux autres instruments.
Domi présente les petits nouveaux, on les remarque facilement, ce sont les seuls dans le groupe à avoir des cheveux bizarres… et c’est parti pour « En Avant Doute ». Là encore la batterie donne une certaine pêche à ce morceau. Je ne peux pas dire si c’est mieux ou moins bien qu’avant. C’est juste différent.
Ils enchaînent sur deux morceaux d’ambiances, le premier « Film D’Aurore », avec l’éclairage direct sur le visage de Domi, puis l’hymne Lazuli avec « L’arbre », la scène baignée d’une lueur verte. L’ajout de la batterie change beaucoup le morceau. La version « percussions » était déjà sympathique, avec le final joué par Fred… maintenant c’est plus rock.
Ils jouent ensuite un titre issu de leur dernier album « Abîme »… et j’ai adoré, rien qu’avec les 5 musiciens qui chuchotent dans leur micros, ça rend super bien, le morceau est très énergique, à l’image de Domi sur scène.
« Capitaine Cœur de Miel », ou le classique d’Ange que Lazuli s’est si brillamment approprié. Tout est parfait, mais le Chapman Stick manque, par nostalgie peut être. Contrairement aux autres concerts ou on était devant Claude, cette fois si nous étions de l’autre côté, devant Ged. Aux premières loges pour regarder sa technique incroyable. Quand on dit « guitariste », on pense tout de suite à Page, Hendrix ou Clapton… mais il y a tant de guitaristes avec des styles, des techniques qui n’ont rien à envier aux « guitar hero » précités, et Ged en fait incontestablement partie. Son jeu au médiator est précis – bien qu’il prétende jouer toujours faux – et ses bruitages, bidouillés en débranchant le jack et en jouant avec, ou en torturant ses micros, sont au final très précis, et contribuent pour beaucoup au son « Lazuli ».
Ils jouent un autre morceau issu du dernier album « On nous ment comme on respire » dans une version diminuée du passage avec le mix de voix de Bush, Sarkozy etc… et c’est encore mieux. C’est sur ce morceau que la batterie m’a le plus bluffé, le riff final prend toute sa dimension avec cette orchestration.
Domi s’assied sur un tabouret au centre de la scène, Claude et Romain partagent un micro pour faire les chœurs sur le subtil « Ouest Terne », et ils enchaînent sur un autre morceau calme, la « Valse à Cent ans », toujours aussi émouvante, bien que le Chapman Stick me manque beaucoup sur celle là. Le clavier rend bien, mais ce n’est plus tout à fait « notre » chanson. Leslie n’a presque pas pleuré cette fois, il y a du progrès.

Le groupe nous laisse quelque minutes pour faire une pause et se rafraichir, et c’est reparti pour des « Chansons Nettes ». Ca fait plaisir de retrouver cette chanson issue de leur deuxième album.
La scène baigne ensuite dans une lueur rouge, chaude, Domi est accroupi, immobile, tout comme Ged et Claude, pendant que Romain fait une intro au piano, sur un air qui m’a rappelé l’intro de « Firth Of Fifth » de Genesis… il est vraiment doué et prend visiblement plaisir à jouer, tout comme ses compères d’ailleurs. Le morceau qui s’enchaine est le théâtral « Repas de L’ogre ». Il passe toujours aussi bien avec cette formation, on en redemande.
Le public, un peu timide au début – disons le premier morceau, et encore – s’est vite enthousiasmé, sans doute en voyant leur appréhensions s’effondrer face à la maîtrise, l’aisance et la beauté de ce que nous offre Lazuli sur la scène du Spirit, où ils commencent d’ailleurs à se sentir chez eux.
Autre morceau épique avec « La bête » issu du dernier album, avant un flashback pour la chanson « Une ombre au tableau », issue du deuxième album, qu’on redécouvre avec nostalgie.
Suivent « L’impasse » et une nouvelle chanson « L’azur’, une ambiance un peu bluesy, avec un refrain clair, un morceau qui a beaucoup de potentiel, mais c’est pas évident de se faire une idée sur une seule écoute, vivement le prochain concert / album…
Le jeune papa Ged est félicité – sa fille est née il y a trois jours – sous les applaudissements et un petit solo de batterie improvisé par Vincent et une danse enjouée de Domi. L’ambiance d’un concert de Lazuli est vraiment unique, comme un rassemblement d’amis qu’on adore mais qu’on ne voit pas assez souvent.
Le groupe dédie le morceau suivant à l’étoile nouvellement née, il s’agit de « Cassiopée ». Lédoe, guitare, voix et un soupçon de batterie… encore un grand moment, avant « Aimants » résolument plus « rock », emmené par le rythme martial de la caisse claire. On a vraiment droit à une très belle setlist, de l’ancien, du nouveau, de l’inédit… Et pas de déceptions, loin s’en faut.
Petit retour en coulisses, pour la forme, Ged étant déjà en train de préparer ses réglages pour le rappel…et quel rappel. Deux facettes d’un même joyau qu’est Lazuli: le fragile « Essentiel », avec Domi à la mandoline et au chant, peut être mon morceau favori à ce niveau d’ailleurs, un chant pur, poétique, émouvant… un chef d’œuvre.
Et le dernier morceau, avec une ré-orchestration spectaculaire de « Naïf ». Romain délaisse son clavier et joue d’une sorte de tambour, Vincent lui, s’assied au cajon, les autres restants à leurs instruments de façon plutôt discrète. C’est quasiment une version « percussion / voix », et c’est excellent, une bien belle façon de terminer la soirée entre amis, ambiance musique autour d’un feu de camp.

Lazuli était, est et restera un groupe à voir en concert. Si vous les aviez déjà vu avec l’ancienne formation et que vous n’avez pas accroché, donnez leur une deuxième chance. Si vous aimiez avant, il y a de fortes chances pour que vous aimiez toujours autant. Des musiciens sympathiques, chaleureux et aussi talentueux qui se donnent à fond sur scène méritent qu’on s’y intéresse de très près. L’ancienne formation manque parfois, mais il faut se faire une raison, ce Lazuli ci est terminé, place au nouveau Lazuli, qui ne fait que commencer à nous émerveiller. On a hâte de les revoir, et on espère toujours plein de dates en France !

Merci encore au Spirit pour cette salle si particulière, et à Lazuli pour leur chaleur et leur disponibilité.

Vous pouvez lire sur guitariste.com une sympathique interview de Dominique Leonetti

6 COMMENTAIRES

  1. chrisfons dit :

    Merci pour ce sympathique compte-rendu ! Vivement que Lazuli se produise en France !!!

  2. samson dit :

    Alors…
    Fan de LAZULI de la première heure, j’étais présent au concert du Spirit 66.
    Ça faisait une petite année que je ne les avais pas vu, d’où mon excitation à l’idée de les revoir et…. ma déception. A mon avis, cette formation n’est pas à la hauteur du premier cru. Les arrangements sont d’une pauvreté déconcertante. Je n’ai rien contre les excellents musiciens qui partage le nouveau combo, mais l’ancienne rythmique était plus originale. Je trouve que le nouveau son de Lazuli a de grosses lacunes:
    – Un son peu homogène
    – Le groove de Sylvain Bayol manque énormément…
    – Le jeu de Yohan Siméon collait parfaitement à l’ensemble, maintenant le son de la batterie est plus gros mais le jeu plus rigide et moins original…  
    -Les sons dissonants de Frederic Juan et ses parties complètement décalées  et vaporeuses ont disparu…?
    – Le cor à piston.. il est vrai que cela est original dans ce genre de formation, mais comme il est utilisé, cela devient une deuxième léode (quel bel instrument quand même….la leode)
    Quand à ceux qui sont restés… toujours excellents!
    Enfin bref, je n’aurais jamais plus le même dévouement pour aller voir un concert de LAZULI.
    A ma plus grande déception.

    Louis.

  3. Jesus dit :

    Wahou! Merci pour ce magnifique résumé de concert. Je regrette de ne pas avoir encore vu la nouvelle formation sur scène (avec mon Romain dans le groupe en plus) mais ce sera chose faite samedi en Espagne :D
    Juste une correction a apporté en début d’article
    « avec l’arrivée de VINCENT à la batterie et metallophone et ROMAIN aux claviers et cor d’harmonie. » et pas l’inverse :)

  4. lecorne dit :

    Merci à toi Azzyraphale pour ce compte-rendu qui
    résume bien l’ambiance de ce beau concert au spirit of 66 et aussi, tes très belles photos (on dirait des
    tableaux :-)) !!!

    Comme nous ne les voyons pas en France, et n’habitant
    pas très loin de la Belgique, nous filons, dès que nous le pouvons, à Verviers , pour les applaudir !!!

    Sans renier pour autant, l’ancienne formation, je pense que la nouvelle formation a de l’avenir, les
    2 nouveaux musiciens se débrouillent très bien et
    apportent une nouveauté au groupe – je leur souhaite
    longue vie :!!!!!!!!!!! J’attends avec impatience
    un de leur concert près de chez nous !!!

  5. Patricia dit :

    Merci beaucoup. Super Cr. Tellement impatiente de les voir sur scène que je ne vais pas attendre le très improbable concert en France et donc, direction l’Espagne ce WE. Plus de 1000 kms aller retour mais quand on aime…

  6. Béatrice dit :

    Merci pour ces sublimes photos et ce CR qui nous font revivre ce magnifique moment que nous avons vécu avec eux dimanche dernier. Nous aussi nous étions devant Ged ! Quel jeu de guitare ! Habitant près de Paris, nous devons aller jusqu’à Verviers pour les voir (800 kms A/R !) Heureusement qu’il y a le SPIRIT OF 66 et l’équipe de PROG-RESISTE !!! C’est un comble ce groupe si talentueux, plus demandé ailleurs en Europe… qu’en France ! Vivement la convention PR !

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