Neil Young & The Promise Of The Real @ Lille 13 juin 2016

La légende Neil Young débarque avec son « Rebel Content Tour » au Zénith de Lille. Folk, rock et engagement écologique au rendez-vous pour un concert mémorable.

Neil Young, c’est pas loin de 50 ans de carrière, c’est le folk à la Canadienne, c’est Woodstock, c’est un schizophrène de la guitare, capable de superbes ballades country folk et de riffs grunges saturés à loisir. C’est aussi un engagement militant assumé, dès le hall du Zénith de Lille ce soir, une dizaine de stands anti-OGM, Greenpeace, Anti-Monsantao etc.
Sur cette tournée, il est accompagné de groupe « Promise Of The Real » an lieu et place du « Crazy Horse ». « Promise Of the Real » est un groupe formé par Lukas Nelson (le fils de Willie) et ils ont enregistré avec Neil sur « Monsanto Years ». Ce dernier les a naturellement emmenés sur la route.
Mais c’est tout seul que Neil entre sur scène, après que deux jeunes fermières semaient des graines sur la scène. Sans davantage de fioritures, son éternel chapeau vissé sur le crâne, la grande silhouette voûtée de Neil s’assied au piano. La voix toujours aussi claire, il claque d’entrée de jeu deux de ses tubes « After The Gold Rush » et « Heart Of Gold », joué à la guitare et harmonica. Pour rester dans la même veine, il enchaîne, toujours seul avec « Long May You Run ». Le temps imparti pour les photos s’arrête là, inutile de dire qu’au niveau créativité, c’est assez limité avec un seul gars, une seule lumière, et une belle ombre du chapeau sur tout le bas du visage…
Autre chef d’œuvre, « The Needle And The Damage Done », est salué par un Zénith debout et enthousiaste, avant que Neil retourne s’asseoir, non pas au piano cette fois mais à l’orgue à l’autre bout de la scène. Un vrai orgue miniature, avec des tuyaux et cie. Il a joué le superbe « Mother Earth », que je ne connaissais pas, et, au milieu de cette mise en scène pour le moins sobre, pour ne pas dire inexistante, l’arrivée de figurants en tenue hazmat, avec des pulvérisateurs qu’ils activent un peu partout sur la scène, surprend quelque peu. Il faut quelques instants au Zénith pour remarquer les gros sigles « Monsanto » sur leur tenues, et ainsi les siffler copieusement. Et 5000 personnes qui sifflent, ça fait du bruit. Neil a d’ailleurs tweeté la vidéo de ce passage le lendemain:

Après ce passage, les Promise Of The Real sont là aussi, et on reste dans le classique avec « Out On the Week-end », avec de subtils mais splendides arpèges de guitare électrique qui magnifient la chanson. Ils enchaînenent plusieurs titres qui, en comparaison me paraissent moins efficaces, mais le groupe fonctionne super bien, ils ont un excellent son, et Neil est vraiment au top.
Il range sa guitare acoustique après « Someday », et prends une magnifique Gretsch blanche. Et là ça ne rigole plus,: c’est un autre classique , mais qui prend une toute autre dimension en live, puisqu’il s’agit du mythique « Words » dans une version de 11 minutes où Neil se ménage de belles improvisations. Un grand moment, prolongé avec « Alabama » de la même époque, et du même tonneau.
Un morceau de transition avec « Walk on », puis il range la Grestch, et cette fois il va enfin jouer sur la fameuse Gibson de 53 customisée. Changement d’époque aussi avec le plus grungy « Love To Burn » issu de « Ragged Glory ». Et ça envoie. Là encore, Neil improvise à loisir, le morceau dure tout de même 17 minutes. Le groupe l’épaule de façon extra-ordinaire, le guitariste assure tour à tour une rythmique puissante, la mélodie en soutien, et improvise à son tour quand Neil prend le relai. A peine remis du gros son de « Love To burn », on reste dans la guitare saturée sur un titre pourtant folk « Mansion On the Hill » qui est excellent en live, le refrain reste en tête. Mais n’oublions pas la motivation de M. Young qui a quand même des choses à dire, avec « Country Home » par exemple, où de manière encore plus directe « Monsanto Years », 10 minutes de diatribe anti-multinationale qui se termine dans un désaccordage très sombre et peu optimiste… on reste dans la même veine avec « Seed Justice », puis « After The Garden ».

Tout le monde se calme sur le très beau « Wolf Moon », petite pause avant le final épique: un « Love To Burn » de 29 minutes. D’aucun peuvent trouver ça chiant, et je peux le concevoir. Personnellement j’ai trouvé ça incroyable, et pour avoir entendu plusieurs versions, plus ou moins officielles, chaque soir est différent, et à Lille nous avons été gâtés par une rythmique incroyable de Lukas Nelson. Le summum du concert.
Le groupe reviendra pour des rappels, l’hymne hippie »Cinnamon Girl », puis « When you Dance ».

2h40 de concert, à 70 ans, Neil Young est au top de sa forme. Sa voix, plus posée que dans les années 70, a gagné en autorité. J’ai pu découvrir l’autre Neil Young sur scène, moi qui m’était arrêté à « Harvest », j’ai découvert « Ragged Glory » et « Monsanto Years ». Le Canadien ne se lasse pas de créer, de se réinventer, et même s’il est peu loquace sur scène, musicalement, il faut le voir.

Neil Young & Promise Of The Real : la setlist

After the Gold Rush
Heart of Gold
Long May You Run
The Needle and the Damage Done
Mother Earth (Natural Anthem)
Out on the Weekend
Human Highway
Western Hero
Someday
Words (Between the Lines of Age)
Alabama
Walk On
Love to Burn
Mansion on the Hill
Country Home
Monsanto Years
Seed Justice
After the Garden
Wolf Moon
Love and Only Love
Rappels:
Cinnamon Girl
When You Dance, I Can Really Love

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