The Dire Straits Experience @ Lille 18 mars 2019

La mode est aux tribute band, ces groupes qui reprennent d’autres groupes mondialements connus comme Pink Floyd, les Beatles, ou, très à la mode, Bowie ou Queen. Le tour de Dire Straits devait bien arriver.

Autant le dire tout de suite, je suis toujours méfiant avec les tribute band. Australian Pink Floyd s’en sortent bien, quand il ne bâclent pas les concerts, et The Musical Box tient de la précision archéologique, aussi indispensable qu’un musée.

Pour Pink Floyd ou Genesis, difficile de voir les originaux, tout du moins tous ensemble. Pour Dire Straits, la question se pose moins… Mark Knopfler c’est « la voix et la guitare de Dire Straits » comme le proclament les stickers à la Fnac. J’ajouterai même que c’est aussi la plume de Dire Straits. En fait, Mark Knopfler, c’est un peu Dire Straits à lui tout seul.
Or, Mark Knopfler, vient de sortir un superbe album, il tourne toujours – sauf à Lille hélas – et Dire Straits a toujours une importante part dans ses setlists, sans compter Guy Fletcher, qui officie aux claviers depuis… Dire Straits.

Alors, un tribute band Dire Straits, est-ce enterrer un peu precipitemment Mark Knopfler ?

The Dire Straits Experience est un groupe tout jeune, formé par l’ex saxophoniste de Dire Straits, Chris White. Alors oui, quand on pense Dire Straits, on ne pense pas immédiatement au saxo, je vous l’accorde.
mais sur les tournées « Brothers In Arms » et « On Every Street », le saxo était bien présent, un peu trop pour moi en fait…

Le théâtre Sébastopol était plus que plein, à ma grande surprise. A l’accueil, un couple d’anglais désespéré cherchait des places.
J’attendais à l’extérieur de la salle avec mon sac photo, en face de l’entrée. J’ai ainsi pu voir un homme, la cinquantaine bien entamée, tout content d’entrer dans la salle une fois son billet contrôler, frapper dans ses mains frénétiquement, sourire jusqu’aux oreilles comme un enfant le matin de Noël.

C’est moi ou Dire Straits, malgré la discrétion de Knopfler et le caractère « hors des modes » de son oeuvre, reste très populaire ?

Lorsque le Dire Straits Experience entre sur scène, et que les nappes de synthé de « Telegraph Road » se font entendre, on se dit que c’est assez osé comme entrée en matière, beaucoup considérant ce titre comme le chef d’oeuvre absolu de Dire Straits.
Au niveau ambiance, on y est. Terence Reis, qui officie en tant que Mark Knopfler, adopte mêmes les attitudes nonchalantes de Marko. Lorsqu’il chante le premier couplet, il y a un moment d’arrêt dans la salle, suivi d’appaludissements nourris, tout le monde semble se dire « Il a la voix de Mark Knopfler », et c’est vrai qu’il l’imite assez bien. Lorsque vient le premier solo, certes il adopte le doigté tordu de Knopfler, mais, heureusement, il ne l’égale pas. Il s’en sort très bien, mais il n’y a pas le toucher du maître.

Chris White se met régulièrement en avant, il se fait plaisir on peut le comprendre. La setlist fait la part belle au saxo et à la flûte, et lorsqu’il n’y en a pas, il y va du tambourin.

A la seconde guitare, il s’agit de Tim Walters, Fender bas sur les hanches, pose agressive de métalleux, c’est anachronique mais drôle.

Comme à l’époque, les claviers ont une place importante dans la structure de la musique de Dire Straits, et cette tâche est assurée avec brio par John Maul et Rob Taggard.

A la basse, il s’agit de Paul Geary et à la batterie, Andrew Hawkins.

Certains titres sont beaucoup plus réussis que d’autres, à l’image de Tunnel Of Love absolument énorme en live, ou même ma némésis « So Far Away », titre que je DETESTE, que Mark Knopfler joue TOUJOURS…eh bien là, nous avons le droit à la version « calypso » de la tournée 86, très décalée, et qui du coup, passe mieux.

Private Investigations par contre n’a pas aussi bien fonctionné.

A noter un petit passage « Dire Straits » des débuts avec guitares/basse.batterie uniquement sur « Where Do You Think You’re Going » et « Once Upon A Time In The West », sans doute mon moment préféré du concert… moins de clavier, de saxo…

Ils termineront pas un Sultans Of Swing comme il se doit, avec une seconde partie intrumentale en question reponse guitare/saxo, au devant de la scène, le public debout.

The Dire Straits Experience fait le job. C’est « une » expérience de Dire Straits, pas l’expérience ultime, mais a le mérite d’exister: c’est pour moi l’essence même d’un Tribute Band : nous replonger via le live dans une discographie. TDSE n’a pas davantage d’ambition, et c’est même avec une certaine modestie que Chris White présentera le groupe comme quelque chose existant parce qu’il y a un public pour l’écouter, et tant qu’on voudra les écouter, il tourneront.
Vous pouvez revenir,

The Dire Straits Experience à Lille : la setlist

Telegraph Road
Walk of Life
Romeo and Juliet
Tunnel of Love
Your Latest Trick
The Man’s Too Strong
Expresso Love
So Far Away
Private Investigations
Why Worry
Where Do You Think You’re Going?
Once Upon a Time in the West
Two Young Lovers
On Every Street
Brothers in Arms
Sultans of Swing
Rappels :
Money for Nothing
Going Home: Theme from Local Hero

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