Yann Tiersen + Syd Matters @ Lille 17 avril 2011

Après un week end éprouvant, un moment d’évasion au Splendid avec Syd Matters & Yann Tiersen. Je ne connaissais que très peu les premiers, et pour le second, j’ai découvert son dernier album récemment malgré mes préjugés, et ça a une été une claque monumentale. Une claque confirmée en live.

Première surprise : le Splendid est plein à craquer, la mezzanine est même accessible pour une fois. La soirée comporte trois concerts avec tout d’abord Greenshape, un auteur compositeur interprète seul sur scène avec sa guitare. Pas désagréable du tout à écouter, c’est très calme, une jolie voix, mais ça ne m’attire pas plus que ça.

Syd Matters

Le monde arrive en masse pour Syd Matters. J’aime bien leur musique, mais là encore, ça ne fait pas vibrer la corde sensible chez moi. C’est le plus souvent très calme, mais il y a des passages de pure beauté, notamment sur « Bones » qui est incroyable, une ambiance, un développement. C’était du grand art, la voix pure de Jonathan Morali a transporté le Splendid.
Le public a réservé un très bon accueil à ce groupe très en vogue, standing ovation de rigueur dans la mezzanine sur le rappel.

Yann Tiersen

C’est ensuite au tour de Yann Tiersen et son groupe de monter sur scène. A priori, rien ne me donnait envie d’écouter Yann Tiersen. Je me suis fait une image suite au pataquès « Amélie Poulain » en 2001, le buzz était si disproportionné que ça m’a dégouté du film et de ce qu’il y avait autour, et donc du compositeur de la BO.
Ensuite, j’aime pas l’accordéon, c’est comme ça.
Donc pourquoi j’irais voir le compositeur de la BO d’Amélie Poulain, si en plus il joue de l’accordéon ?
Parce qu’il y a eu « Dust Lane », son dernier opus sorti en 2010.
Sur « Dust Lane », déjà, il y a très peu d’accordéon, donc ça va. Et surtout on est très loin de la musique minimaliste et parisienne d’Amélie Poulain. On en est même à l’exact opposé tant la musique est complexe, les instruments nombreux.
Yann Tiersen joue bien sur du violon, mais surtout de la guitare électrique. Et il s’amuse aussi avec les boucles, les superpositions, bref, c’est un genre un part, entre électro, rock, ambient et BO. Et c’est magnifique. « Dust Lane » a été la plus grosse claque auditive de ces derniers mois.
Mais j’étais assez curieux de voir comment ça rendrait en live, tant la musique est complexe.
Comme il ne peut pas jouer de tout sur scène, Yann Tiersen s’est entouré de talentueux  musiciens : un guitariste, un clavieriste qui gérait les boucles d’effets, un autre clavièriste et chanteur, un batteur – qui, au vu de sa batterie très simple, prouve que ce n’est pas la taille qui compte – et enfin, un bassiste.
La zone du centre de la scène est réservé au breton, son violon, sa mandoline et sa guitare électrique. Et, première surprise : il bouge sur scène le bonhomme ! On est résolument dans une ambiance rock.
C’est la tout le génie de cet artiste touche à tout, et le problème de réussir à se faire un nom sur une B.O. : l’image que le grand public a de lui est très loin de la réalité. Il suffit de voir le nombre d’artistes avec qui il a travaillé, les horizons différents dont ils viennent pour voir que Yann Tiersen est quelqu’un qui aime oser, un Musicien avec la majuscule. Loin de s’enfermer dans un carcan, il essaye, tente, déroute peut être, mais réussit.
Il est impossible de décrire ce concert, les ambiances si particulières forment un tout. L’intégralité de « Dust Lane » a été joué, proche de la version album mais se permettant des orchestration différentes. Le batteur et le bassistes sont incroyables, et on a pu entendre comme jamais ce que veut dire « donner la mesure » : ils emmènent le groupe a un train d’enfer, même sur « Fuck Me » qui s’est vu accéléré.
En plus de Dust Lane, nous avons eu droit a quelque morceaux du précédent opus » Les Retrouvailles » avec « Kala ». La fantastique Liz Fraser de la version studio est admirablement remplacée par le clavieriste, qu’on aurait aimé pouvoir mieux entendre sur certains morceaux, tant les guitares et les drones dominent l’espace musical.
Le public manifeste sa joie et les portables se mettent à filmer lorsque les musiciens laissent Yann Tiersen seul avec son violon pour jouer « Sur le Fil » de la BO.
Le son est excellent, j’ai bien fait de descendre dans la fosse. Pour les autres groupes j’étais resté au niveau de la mezzanine ou le son ne ressemblait pas à grand chose, ça devait être encore pire avec Yann Tiersen étant donné le nombre d’instruments.
On pourra reprocher une certaine timidité de la part de Tiersen, qui n’a pas lésiné sur les « merci » mais qui n’a pas dit grand chose d’autre.

Au final en sortant de la salle, les opinions divergent. Certains ne s’attendaient pas du tout à ça et sont conquis, d’autres ne s’attendaient pas à ça non plus et se demandaient ce qu’il s’était passé – voire même pour certains, que c’est honteux de la part d’un artiste de ne pas apporter au public ce que ce dernier attend…
Yann Tiersen n’a pas fait de compromis, les ambiances contemplatives, construites, qui côtoient des passages plus bruitistes ont atteint leur but : elles ont fait réagir de manière radicale : on aime ou on aime pas. Personnellement… j’adore.

Un très grand Merci avec la majuscule à Alex & Wélanie, sans qui j’aurais pas eu la curiosité d’aller vers ces artistes…

Qu'en pensez-vous ?

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *