The Clues + Local Natives @ Tourcoing 18 février 2010

Deux Groupes « découverte » – ils viennent tout deux de sortir leur premier album – dans une très sympathique salle. Que ce soit la pop torturée de Montréal ou celle, ensoleillée, de la Californie, ce sont deux groupes dont nous n’avons pas fini d’entendre parler.

Le Grand Mix est une petite salle à Tourcoing, avec une programmation riche et variée. En général quand je découvre un groupe, je réalise en cherchant sur le net qu’ils sont passés peu de temps avant au Grand Mix. Par exemple, The Do ou Moriarty…
Accueil très chaleureux, belle petite salle, bonne ambiance – musique d’attente du concert : David Bowie: il y a pire.

The Clues

Le premier groupe à passer ce soir est The Clues: ils sont originaires de Montréal, et, comme pas mal de groupes qui viennent de la bas (Arcade Fire ou Islands pour ne citer que les plus connus), ils apportent une musique construite, originale, qui sort un peu des sentiers battus. On pourra dire que du coup, depuis Arcade Fire, ils suivent tous le même sentier, mais ce serait chipoter.

The Clues c’est un quintet emmené par Alden Penner au chant et à la guitare, et Brendan Reed (ex-Arcade Fire, tiens donc) à une des deux batteries. Il y a un second batteur, un clavier (qui joue aussi du Commodore 64, pour les geeks) et un clavier/guitariste.

Mais avant que The Clues entre sur scène, il y a une mini-première partie… déroutante. Aucune idée de qui c’était – ils étaient au merchandising des Clues après le concert, ils doivent être de mèche – mais il s’agissaient de deux gars, en costume noir, très austères. Le premier, avec de grosses lunettes noires, arrive à un clavier, met une sorte d’ambiance sonore bruitiste, avant de se mettre à crier dans le micro avec un effet d’écho, style imam en haut d’un minaret. Le second bonhomme arrive avec une mallette genre tueur professionnel, en sort un doudouk en lieu et place d’un fusil de précision, et en joue. Après c’est à son tour de hurler aussi. Ça dure une dizaine de minutes, et hop, on entend « Je t’ai Manqué » de Bashung pendant qu’ils repartent, laissant le public mi-amusé, mi-consterné…
Mais on passe aux choses sérieuses avec Clues. Première chose qui frappe : le chanteur ressemble à Tanguy, dans le film du même nom. Costard, chemise, petite lunettes rondes, petite voix.

Ils ont joué une bonne partie de leur album, petit trésor de pop pas vraiment « pop »ulaire… c’est sombre, c’est épique, ça demandes quelques écoutes avant de s’approprier leur univers sonore. Mais c’est du tout bon.

Le premier morceau est aussi mon préféré de l’album: « Elope ». Un morceau très lent, une jolie petite mélodie, un chant appliqué… magnifique, sa beauté touchante m’a mis les larmes aux yeux.

« Cave Mouth » lance le concert plus « bruyant », le son n’est pas parfait, hélas. La voix d’Alden est trop basse, il est noyé dans les deux batteries. Le public est plutôt sage, semble découvrir le groupe.

« You Have My Eyes Now » était magnifique. Alden se met sur le côté, Brendan délaisse sa batterie et vient au micro pour chanter ce morceau, ambiance mélancolique, chant plus puissant, plus intense, le reste du groupe penché sur leur instrument, et le roadie qui vient assurer la seconde batterie en la massacrant à coup de baguettes sur le final. Très très fort, aussi bien émotionellement que… sonore.

« Perfect Fit » avec le début au clavier, style musique orgue de barbarie, qui s’accélère, Alden qui fait des petits pas de danse. Un morceau nerveux, qui va en s’accélérant jusqu’aux explosions sonores du refrain. Là encore The Clues s’amuse à déstructurer le morceau, passant d’un style à l’autre sans complexes.
Après avoir tenté de dialoguer avec le public en français (qui ne trouve rien de mieux à faire que de crier « Caribou » ou « Tabernacle ») ils jouent « Crows ». Une autre réussite, un sens du rythme et de la mélodie qui sont tout simplement agréables à entendre.

Ils jouent ce qui est en quelque sorte leur single « Haarp », que je ne pense pas être le meilleur titre de l’album pour découvrir le groupe. Ca commence… par la fin. Le genre de final qui s’étiole en bruit électriques. Puis le morceau commence. C’est assez déroutant.

Ils jouent quelques autre titres de leur album, et annoncent leur dernier morceau. Ils se font désirer pour le rappel, le public semble au final bien avoir accroché et en redemande. Et heureusement, ils reviennent pour l’extatique « Approach The Throne »… un refrain entêtant – je l’ai encore en tête 3 jours après. C’est sans doute une de leur meilleures compositions.

Leur set est terminé, la scène est démontée par leur soins pour laisser la place à Local Natives.

Local Natives

Eux viennent de Californie, et ça s’entend dans leur musique, beaucoup plus lumineuse, qui n’est pas sans rappeler celle des Beach Boys au niveau des mélodies.
En effet le quintet repose sur les harmonies de voix. Tous sont d’excellents chanteurs, et ils se partagent le chant principal selon les titres. Mais aussi les instruments… ils tournent leurs guitares et même le clavier / percu. C’est assez plaisant à voir (et à entendre ) un gars qui chante, joue des percussions d’une main, du clavier de l’autre.

Ils ont joué une bonne partie de leur album Gorilla Manor, oscillant entre bons titres pop (« Airplanes »), certains plus musclés (« Sun Hands ») mais d’autres un peu trop « mous » à mon goût, avec un arrière gout de R’n’B moderne auquel je suis vraiment hermétique.

J’ai moins accroché à leur musique qu’à celle des Clues, mais c’est néanmoins un très bon groupe, à voir sur scène indéniablement.

Au final une très bonne soirée dans une salle idéale pour découvrir de nouveaux groupes. Les Local Natives referont parler d’eux, c’est certain.

The Clues n’a peut être pas eu l’aisance avec le public qu’avait Local Natives, mais leur musique mérite qu’on y jette une oreille très attentive, leur potentiel est énorme.

Merci beaucoup à l’équipe du Grand Mix pour l’accréditation photo

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