Emilie Simon de passage à Lille pour sa tournée « Végétal », son deuxième album – un concert qui restera dans les mémoires

J’arrive devant les portes à 18h30, il y a déjà beaucoup de monde. Après plus d’une heure d’attente, bousculade très « marche ou crève » pour entrer. Je prends position contre la barrière devant les enceintes à droite de la scène. Un gars de la sécurité confirme les photos sans flash – puis revient quelques secondes après avoir parlé avec le staff d’Emilie Simon : non, pas de photos du tout.

La première partie commence. C’est Medi, l’ex-guitariste d’Emilie. Quarante minutes de morceaux guitare / voix, avec l’impression d’entendre dix fois la même chanson. Quelques petits passages d’harmonica sauvent l’ennui, mais c’est court.

Il s’éclipse, et après une demi-heure supplémentaire, les musiciens entrent sur scène sans Emilie. Cyrille Brissot lance un tempo, ça commence à se réveiller, et Emilie apparaît enfin. Elle est superbe, dans une petite robe noire et des bas noirs jusqu’aux genoux. Elle danse, à sa façon, et ça débute par Dame de Lotus. Le son est catastrophique – on n’entend que la guitare sursaturée. Ça ne s’améliore pas sur Fleur de Saison.

In The Lake : ça y est, le guitariste se calme. Emilie s’assied au piano, et chaque musicien y va de son instrument bizarre pour habiller la chanson. Le percussionniste fait tourner des cordes musicales en guise de crécelle aérienne, le guitariste souffle dans une sorte de flûte à touches de piano, et Emilie joue de la petite flûte. Enchaînement sur un des meilleurs morceaux du concert : Sweet Blossom. L’occasion de saluer le violoncelliste, très doué – il joue quasiment tout le temps, entre sons étranges, pizzicato et violoncelle traditionnel qui pleure. Dommage qu’il soit souvent éclipsé derrière la guitare sur les morceaux plus punchy.

Emilie est à fond dedans, on voit qu’elle prend plaisir à chanter. Elle joue beaucoup de titres de Végétal – peut-être tout l’album, il faudrait vérifier. Superbe interprétation de Swimming, avec une intro détendue où le percussionniste s’amusait à éclabousser ses voisins. Le morceau est joué à la perfection, la version live est largement supérieure à la version studio.

Enchaînement sur Opium, avec Emilie qui retourne au piano. Parlons-en, du percussionniste : là où Emilie incarne la réserve, voire la timidité, lui en fait des tonnes. Virtuose, il fait des rythmes en tapant sur n’importe quoi – mais ses grandes gesticulations sur les morceaux calmes font parfois sourire, et ont tendance à attirer l’œil au mauvais moment.

Vient ensuite LE moment fort : Le Vieil Amant. Parfait. Je n’ai même plus envie d’écouter la version studio après avoir vu Emilie se donner à fond. L’émotion dans sa voix, sa douceur, son phrasé – tout était parfait. Le final avec la mélodie reprise par le violoncelliste en duo avec le piano d’Emilie est la cerise sur le gâteau. En un mot : magistral.

Après des applaudissements interminables, Cyrille Brissot commence à jouer avec des glaçons dans un verre – et dès les premières notes de Ice Girl, le public fait savoir qu’il a adoré la Marche de l’Empereur. Très belle interprétation. Gros moment d’émotion sur All Is White, très belle incursion dans son deuxième album, mais trop courte.

Le morceau suivant débute par quelques notes de guitare, et Emilie entonne « So messed up, I want you near… » : c’est I Wanna Be Your Dog, dans une version surprenante. Le premier couplet est chanté très doucement, guitare/voix, mais à partir du refrain tout explose – le groupe débarque, le rythme s’emballe, les guitares saturent, Emilie se lâche. Enchaîné dans la même veine avec Song of The Storm.

Retour sur Végétal avec Never Fall In Love – une chanson que j’aimais peu sur l’album, mais en live c’est autre chose. Désert : pas beaucoup de titres du premier album ce soir, et il fallait celle-là. Superbe moment avec toute la salle qui chante en même temps. Emilie est assez émue à la fin, accrochée à son micro en regardant la salle. C’était beau.

En Cendres clôt le set principal. Tonnerre d’applaudissements du Splendid plein à craquer.

Premier rappel : My Old Friend au piano. Pas forcément le meilleur choix, mais honnête. Deuxième rappel : Graines d’Etoile, ma préférée du premier album. Excellente version, crescendo magnifique, mais il manque la voix masculine. Différente de la version studio, très bien aussi, mais différente.

Ils repartent en coulisses, les lumières ne se rallument pas – et elle revient avec Medi. Ils jouent Flowers dans une version guitare saturée / voix, Emilie joue la gamine, le public est enthousiaste.

Et elle revient une dernière fois, seule au piano : une reprise de Come As You Are de Nirvana, sobre et juste. Tonnerre d’applaudissements, et Emilie s’éclipse après un « À bientôt ».

Ce fut une excellente soirée et une très bonne surprise : Emilie Simon au meilleur de sa forme, un chant parfait, des musiciens très doués, une ambiance générale excellente. Le public lillois a été fidèle à sa réputation.

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