G3 Satriani Petrucci Roth @ Zénith Lille, 23 avril 2018

Joe Satriani repart sur la route avec G3, accompagné par John Petrucci et Uli Jon Roth. Au menu : de la guitare, encore de la guitare, et surtout de la guitare, servies par des virtuoses.

J’étais très sceptique quand à ce concert: Satriani ne m’a jamais emballé, et le concept m’a toujours un peu semblé être « plus ils jouent de note à la seconde, plus c’est génial ». Etant plus de l’avis de la citation probablement attribuée à tort à Miles Davis sur le sujet, j’étais moyennement emballé.

Pourquoi jouer tant de notes, alors qu’il suffit de jouer les meilleures ?

Le Zénith n’est pas très rempli ce soir, et en configuration assise. Le public est très nettement masculin. Les photos ne sont autorisées que depuis la console, mais celle ci est en bas dans la fosse donc au final, c’est pas si loin.
Le concept de G3 c’est donc trois guitaristes qui font leur set, puis qui « jamment » ensemble.

Le premier sur la scéne est Uli Jon Roth, membre des Scorpions dans les années 70, considéré comme un des pionniers du métal progressif. Surnommé le Jimi Hendrix allemand, il dégage une aura toute particulière sur scène: une longue chevelure blanche, bandana, collier de pierres, colifichet de plumes sur la guitare, elle-même très ésotérique, Uli Jon Roth dégage une sérénité et une aisance zen. Il est accompagné de deux guitaristes – dont l’un chante – d’un batteur et d’un bassiste.
Son set ne m’a pas emballé plus que cela, mais je ne connaissais rien du travail du bonhomme. La guitare est très nettement mise en avant, et les solos s’éternisent…

Uli Jon Roth : la setlist

Sky Overture
Sun in My Hand
We’ll Burn the Sky
Air de Aranjuez
Fly to the Rainbow
The Sails of Charon

 

C’est au tour de John Petrucci, guitariste de Dream Theater. Je redoutais l’ennui, ayant un a priori pas très optimiste sur son shredding, technique qui m’ennuie au plus haut point. Dream Theater j’ai écouté il y a longtemps, et j’ai pas accroché à cause de cela.
Et en fin de compte…c’est le set que j’ai préféré.
John Petrucci est un colosse tout en muscles et en cheveux, habillé tout en noir. Sa musique est peut être plus hermétique que celle de son prédécesseur : ce sont des morceaux longs, instrumentaux, avec une construction typique du rock progressif: rien est simple et c’est parfois trop technique pour rester dans le divertissement musical à mes oreilles, mais Petrucci n’usurpe pas sont qualificatif de « virtuose ». Il oscille entre poses démonstratives qui frôlent le ridicule – style statue grecque, bras écartés ou levés – et nonchalance complice avec son bassiste et son batteur.
A la fin de son set, tout le Zénith est debout.

John Petrucci : la setlist

Wrath of the Amazons
Jaws of Life
The Happy Song
Damage Control
Glassy-Eyed Zombies
Glasgow Kiss

 

Vient l’homme de la soirée. Joe Satriani est démonstratif, c’est un euphémisme: il enchaîne les poses orgasmiques et les grimaces et semble réellement s’éclater sur la scène. Accompagné d’un bassiste, d’un guitariste claviériste et d’un batteur, il enchaîne les instrumentaux. Il a un véritable don pour la mélodie, certains aris restnt en tête. Mais hélas, il est aussi un virtuose, et ne peut s’empecher d’en faire systématiquement étalage. « Cherry Blossom » en est le meilleur exemple: il commence par une mélodie très sympa, avec un gimmick technique doublé au clavier, puis, on casse tout, premier pont, puis un second, il s’excite sur sa guitare, revient sur le deuxième thème, termine sur l’air de départ. Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ?
C’est dommage, il y a vraiment de très bonne choses, mais c’est le bazar.

Joe Satriani : la setlist

Energy
Catbot
Satch Boogie
Cherry Blossoms
Thunder High on the Mountain
Super Funky Badass
Cataclysmic
Circles
Always With Me, Always With You
Summer Song

 

Sans pause, après « Summer Song », John Petrucci et Uli Jon Roth reviennent sur scène. J’appréhende l’overdose. Ils joueront trois reprises, de Deep Pruple, de Jimi Hendrix et de Led Zeppelin, l’occasion pour Niklas Turmann, le chanteur du groupe d’Uli Jon Roth, de faire des prouesses vocale presque digne d’un Robert Plant.
Presque.

G3 Jam

Highway Star
All Along the Watchtower
Immigrant Song

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