« Memories of Etta James », c’est le nom du concert donné par la chanteuse irlandaise Kaz Hawkins ce soir au Théâtre Charcot, entourée de musiciens 5 étoiles

Les concerts reprennent tout doucement, et ce soir le Théâtre Charcot, malgré les restrictions sanitaires, était bien rempli. L’enthousiasme de l’équipe de Jazz en Nord était palpable, celle des spectateurs aussi, et ce n’est rien en comparaison de celui de Kaz Hawkins.

Après une très belle introduction du président de Jazz en Nord, le groupe est entré sur scène suivi de Kaz, qui a d’entrée montré l’étendue de ses capacités vocales sur l’intro de « Something Got’s a Hold on Me », une voix avec du coffre, soul, blues, parfois rauque, somme toute une voix qui fait honneur au répertoire de la reine du rhythm & blues qu’était Etta James, malheureusement trop peu connue en France.

Kaz est entourée par un groupe de 6 musiciens, emmenés par l’impeccable Cédric le Goff aux claviers. A la batterie, il s’agit d’Amaury Blanchard, qui forme un tandem groovy à souhait avec Julien Boisseau à la basse. Au cuivres on retrouve Benoît Gaudiche à la trompette et Guillaume Sené au saxophone. At last but not least, comme on dit, l’immense Stef Paglia à la guitare.

Après avoir exprimé toute sa joie d’être enfin sur scène à la fin du morceau, Kaz enchaîne sur « Miss Pitiful », puis, suivant l’ordre de son album « Memories Of » sorti l’année dernière, un autre classique d’Etta James avec « Security ».
Kaz est expressive, a un sourire communicatif, et les interactions avec son groupe sont nombreuses. C’est leur premier concert ensemble, et premier concert après la parenthèse « Shitty COVID », et l’enthousiasme cède vite la place à la tension.
Et comme toujours au Théâtre Charcot, le son est excellent et les les lumières de qualité.

« Losers Weepers » précède « You Can Leave Your Hat On », qu’on a plutôt tendance à associer à Joe Cocker qu’à Etta James, mais les deux l’ont reprise. Elle est d’ailleurs en fait de Randy Newman. La version que le groupe nous livre ce soir est funky, Stef Paglia fait de jolies choses à la pédale wah-wah, les cuivres au top… un très beau moment.

Ambiance beaucoup plus blues avec les classiques des classiques « Hound Dog » puis « Spoonful », avant que le groupe s’éclipse en coulisses, à l’exception de Cédric le Goff qui accompagne au clavier Kaz sur une composition on ne peut plus personnelle « Lipstick and cocaïne ». Kaz, tout comme Etta, ont traversé bien des épreuves dans la vie.
L’émotion est plus que présente et la voix de Kaz se fragilise quand ses larmes coulent.

Le reste du groupe revient sur scène pour une autre composition personelle de Kaz, « Because You Love Me », et c’était peut être mon grand moment du concert: un début ballade blues, des envolées de clavier et de guitare, les cuivres qui montent aussi et qui installent une ambiance dramatique… ça a touché la fibre rock prog en moi par moments !

Retour au répertoire d’Etta James avec « W-O-M-A-N » puis le classique « Tell Mama » avant de revenir au racines du blues avec « St Louis Blues » repris par… à peu près tout le monde depuis plus de 100 ans. Superbe interprétation par Kaz et son groupe.

Comment revisiter le répertoire d’Etta James sans passer par « I’d Rather Go Blind »… je me suis déjà étendu sur ce morceau en particulier lors de sa reprise par Beth Hart en 2018, ici Kaz la reprend dans un autre style plus proche de la version album de 1978. La magie du morceau opère toujours, et Kaz va jusqu’à reprendre les attitudes d’Etta, tellement sa musique est ancrée en elle.
Elle conclura le morceau par un speech qui laisse à réfléchir.

We don’t have music heroes no more, so let’s not forget those from the past

Comment pouvait elle terminer son set autrement qu’avec deux autres chefs d’œuvre interprétés par Etta James, avec « I Just Want To Make Love To You » puis « At Last ». Là encore, quelle authenticité dans l’interprétation.

Déçue de ne pas pouvoir venir à la rencontre de son public comme elle le fait d’ordinaire à cause des restrictions sanitaires, elle reviendra une dernière fois sur scène avec tout le groupe pour « I’ve Been Loving You Too Long », superbe morceau pour terminer un concert… et quel concert. Entre blues et soul, avec un groupe de 6 musiciens au top, Kaz Hawkins nous a régalé ce soir !

Un grand merci à Aurélie et Thierry pour l’accréditation, et Séverine pour la découverte…

Kaz Hawkins à  Jazz en Nord : la setlist

Something Got a Hold on me
Miss Pitiful
Security
Losers Weepers
You can Leave Your Hat On
Hound Dog
Spoonfull
Lipstick & Cocaïne
Because you Love Me
W-O-M-A-N
Tell Mama
Saint Louis Blues
I’d Rather Go Blind
I Just Want To Make Love To You
At Last

Rappel
I’ve Been Loving You Too Long

 

 

  1. Ce fut un merveilleux moment en mémoire à Miss Etta James
    Des souvenirs encore vivant dans mon esprit et figé dans mes yeux… ?
    Tes photos sont a l’image d’un très bon moment … En un mot: bravo!
    Merci de m’avoir fait confiance

  2. Thank you for capturing our first show back Maxime, your photos will always remind me that hope prevailed and we returned to music with love and support from you all. Thank you for your art. Kaz Hawkins x

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