Du blues à l’aéro ! Et sur la grande scène, s’il vous plait. Ca n’arrive pas tout les jours et ce soir c’est le prodige Christone « Kingfish » Ingram qui investit la scène lilloise.
Dirty Deep
En première partie, le trio alsacien Dirty Deep – leur nom contient l’essence de leur musique. Du blues du Mississippi, nerveux, boueux, guitare, harmonica, basse et batterie, avec un chant qui flirte parfois avec le garage. On n’est pas loin du Reverend Beat-Man. Un excellent groupe de musiciens accomplis qui perpétuent cette tradition du blues avec un petit pas de côté bienvenu. Le dernier album en date, Trompe l’œil, tourne dans mes oreilles depuis ce concert – et c’est le meilleur compliment qu’on puisse faire à une première partie.
Christone « Kingfish » Ingram
Christone Ingram s’est fait connaître dès 2014, à 15 ans, avec une maîtrise du blues qui laisse sans voix. Dans la lignée des Joe Bonamassa, Derek Trucks et Kenny Wayne Shepherd, il joue un blues moderne dont on ne peut nier la filiation avec BB King et Buddy Guy – avec qui il a partagé la scène à 18 ans seulement. Trois ans après avoir joué pour Michelle Obama à la Maison Blanche.
Le costaud jeune homme a donc l’expérience de la scène, accompagné en fond de scène par une basse, une batterie et un excellent claviériste qui s’écartelait entre un orgue Hammond vintage et des synthétiseurs. Le tout formait un son généreux et bien en place pour mettre en valeur le jeu de Kingfish.
Christone Kingfish Ingram sur scène, c’est aussi beaucoup de nostalgie : l’ère des guitar heroes est derrière nous, et ce n’est plus si courant de voir la maestria de la six-cordes ainsi mise en avant, surtout dans le blues. BB King n’est plus, Beck non plus, Gilmour s’endort, Knopfler est en retraite, Clapton devrait… Kingfish, avec son blues moderne, perpétue avec brio cette belle tradition. Mais sans encore percer en dehors du circuit blues – pour le moment.