Le Grand Mix a des airs de club sur la Bourbon Street ce soir. Le Hot 8 Brass Band, en digne ambassadeur de la Nouvelle Orléans, mélange « second line band », funk, jazz, soul et hip-hop.
J’ai découvert le Hot 8 Brass Band, ainsi qu’une foultitude d’artistes, une culture, et mine de rien une super série, avec Treme en 2010 – une série créée par David Simon, l’idole des lecteurs de Télérama et des Inrocks puisqu’il a fait The Wire. Ma préférence va de loin à Treme, et je peux vous assurer que quand le sousaphone du Hot 8 a lancé les festivités et que les percussionnistes ont suivi, j’ai retrouvé l’ambiance si particulière de cette musique ancrée en Louisiane.
Le Hot 8 Brass Band est un des groupes qui ont percé à l’étranger, notamment avec Treme et When The Levee Breaks, le film documentaire de Spike Lee sur la dévastation de la Nouvelle-Orléans par l’ouragan Katrina fin août 2005. L’histoire du groupe est très mouvementée – trois membres sont morts suite à des tirs d’armes à feu – et plus récemment, leur membre fondateur et joueur de sousaphone Benny Pete est décédé des suites du Covid-19. Leur dernier album Big Tuba lui est dédié, et est largement mis à l’honneur ce soir.
Le Grand Mix s’est rempli en quelques minutes avant le début du concert, et le Hot 8 a mis l’ambiance d’entrée de jeu. Avec un naturel et un bagout très Nola, pas de fioritures – on y va, la musique c’est sérieux. Le public se prête volontiers aux jeux du groupe, avec force bras levés, refrains scandés et claquements de mains.
La musique du Hot 8 Brass Band a plusieurs facettes : du jazz second line traditionnel, des morceaux plus hip-hop, d’autres plus soul. Et un rappel avec In The Air Tonight, les paroles chantées par le public sur les trompettes du groupe – un de ces moments improbables et parfaits qu’on ne voit que dans les concerts comme celui-là.
Grand Merci à Vincent pour le pass photo.