An Pierlé & The White Velvet @ Tourcoing 01 février 2011

Petite chronique pour un grand concert. L’année 2011 démarre avec une charmante découverte venue de Gand en Belgique. Il était temps que je m’y mette, elle en est déjà à son 7ème album qu’elle vient nous présenter dans un Grand Mix affichant complet. Tellement complet que j’ai même pas pu avoir d’accréditation photo, je m’y suis pris trop tard… Dire que je l’avais déjà loupée alors qu’elle était venue donner un concert – rapidement complet – à la Peniche, à Lille, il y a quelques mois, je suis décidément malchanceux.

J’ai découvert An Pierlé via une reprise de Jacques Dutronc « Paris s’éveille ». Une reprise survitaminée, avec une voix magnifique totalement délurée, elle m’a séduit immédiatement. J’ai écoute d’autres choses d’elle, sans être aussi captivé, mais sa musique se découvre, je préfère lui laisser le temps. J’ai compris ce soir que c’est encore autre chose: An Pierlé c’est du Live. Avec la majuscule.
« Hinterland », son dernier album, est sorti fin 2010, et, comme elle nous le dit, elle vient voir si on aime bien, mais comme on a pas de revolver, ça devrait aller. La petite flamande a un contact chaleureux avec son public, elle est à l’aise immédiatement, et rentre dans son concert dès le premier morceau. Elle est « assise » – je reviendrai sur les guillemets après – à son piano, de côté sur la scène. Face à elle, à la guitare, c’est son compagnon Koen Gilsen, un colosse barbu comme Zeus sur les statues. Ils sont accompagnés par le batteur Peter De Bosschere et le bassiste Klaas Delvaux, tout deux très efficaces.
An Pierlé est donc « assise » à un piano. Sur un énorme ballon rebondissant. Elle ne tient pas en place, si bien que son jeu est très expressif, elle oscille, tantôt lascive tantôt dangereusement équilibriste sur ce siège pour le moins inhabituel.
Elle joue par ailleurs de l’accordéon, du mélodica, et même des percussions…
Le groupe nous a joué une bonne partie de « Hinterland » avec une énergie constante et des sourires un peu partout.
« Little By Little » est très calme, avec une intro en piano et voix grave, histoire de montrer que les graves ne lui posent pas de problèmes. Elle flirte cependant plus souvent avec les aigus, comme sur « When did it come from ». Kate Bush n’est pas loin. Peut être même dans le rétroviseur. An Pierlé a une Voix, doublée d’un charisme digne des plus grands.
Par ailleurs, elle est curieuse. Elle regarde le public. Elle ne regarde pas dans le vague. Elle regarde les visages, elle sourit, elle est naturelle et généreuse, plaisante, espiègle avec son public (aux spectateurs à gauche de la scène « Si vous voulez vous pouvez passer de l’autre côté si vous en avez marre de regarder mon c.. »)
Sur « Hide & Seek » on pense à Emilie Simon en plus… directe. On a aussi eu droit au single « Broke My Bone », avec sa montée dans les aigus comme si c’était d’une simplicité désarmante. Un bon petit titre agréable à écouter.
« Jungle » est plus bluesy, ses mains agiles virevoltent sur le piano pour accompagner la guitare de Koen. Un excellent morceau que j’avais aimé écouter sur l’album… mais qui se vit vraiment en live. En même temps c’est valable pour tout le répertoire d’An Pierlé.
« Lonely One And Only », avec son rythme joyeux me fait plus penser à de la country, tandis que « Everything Is New Again » a une ambiance beaucoup plus sombre, avec des passages de pure grâce. Voyage dépaysant garanti dans l’Hinterland d’An Pierlé.
A cela on peut ajouter d’anciens titres comme l’etonnant « Helium Sunset » qui prend une dimension singulière en live, très loin de la version studio à mon avis.
Mais aussi son tube « Paris s’eveille » qu’elle interprète avec une fougue qui donne le sourire, même si elle se plante dans les paroles au début, elle se rattrape bien vite, debout, pieds nus, à l’accordéon. Un grand moment, ca m’a fait penser au dernier concert que j’avais vu avec Arno à l’Aéronef… ils ont de l’énergie à revendre ces flamands !
En rappel – et juste après un jingle commercial hilarant – An nous jouera un titre seule au piano, d’une beauté implacable, la salle est en équilibre au bout de ses lèvres.

Mais An Pierlé était la première partie. La seconde était assurée par la danoise Agnes Obel, au clavier, accompagnée d’une violoncelliste. Je n’ai malheureusement pas pu assister à la totalité de leur set, et les mots me manquent pour décrire leur musique. De la beauté, simple, directe, parfaite, oserais-je dire ? Agnes Obel commence à faire un bon petit buzz après la sortie de son premier album et j’espère pouvoir les revoir en concert, et je vous conseille d’aller la découvrir près de chez vous si elle s’y trouve, sinon sur MySpace.

An Pierlé est tellement magistrale et (d)étonnante en concert qu’il va m’être difficile de ré-ecouter « Hinterland » maintenant. L’album est un petit bijou, un des plus aboutis de sa carrière d’après des connaisseurs, mais son énergie, son charisme et son charme qui s’exercent en concert ne peuvent se retranscrire en studio. Si vous aimez les belles voix, le rock emmené par une pianiste talentueuse, il est de votre devoir d’aller l’applaudir comme il se doit dans une salle de concert. Et d’acheter le CD, comme elle dit « les musiciens n’ont plus à manger il faut acheter des CD! ». En plus, elle est assez sympa pour braver le froid en plein courant d’air dans l’entrée du Grand Mix pour dédicacer les CD. Que demander de plus, à part un autre concert dans le coin !

Merci beaucoup à Airwalkmax, photographe pour Scenes du Nord, qui me prête gracieusement ses photos pour illustrer cet article.

UN COMMENTAIRE

  1. Airwalkmax dit :

    Très sympa ta chronique, ça retranscrit bien l’ambiance du concert et la générosité d’An Pierlé. Ce fut une bonne soirée !

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