Bror Gunnar Jansson + Leonie Evans @ Lille 12 août 2016

Les productions « Bains de Minuit » organisent ce soir un concert à la Gare St Sauveur avec deux artistes exceptionnels: l’anglaise Leonie Evans avec son country-blues-gospel et le phénomène du blues moderne, le suédois Bror Gunnar Jansson.

A Lille nous avons la chance d’avoir cet espace culturel qu’est la gare St Sauveur: cette ancienne gare reconvertie en brasserie/salle de concert/cinema/expositions est quand même très bobo, mais très familial et qui a le mérite de réunir devant une scène des familles avec enfants, des retraités et des étudiants.

Leonie Evans

La première artiste ce soir m’était inconnue, il s’agit de Leonie Evans, seule avec sa guitare, assise au centre de la scène. Elle chante des reprises de classiques country-blues, avec un soupçon de gospel, d’une voix très « fifties ». L’effet est assez radical: la salle, quasiment vide lorsqu’elle commence, se remplit rapidement, et lorsqu’on entend de la trompette, les gens commencent à affluer, bien que timides et n’osant pas approcher. Par contre il n’y a pas de trompettiste, Leonie agrémente ses chanson de soli de trompette joués… juste à la bouche. C’est assez bluffant. Elle échange avec le public entre chaque morceau, en anglais et elle s’en excuse. Dans la seconde partie de son set, elle chante ses compos, à la demande « Blues or Country ? Slow or fast » ?
Un très beau moment en toute simplicité. Pas évident de trouver des enregistrements représentatifs de son talent sur le net malheureusement.

Bror Gunnar Jansson

Après une longue pause, c’est au tour du prodige du blues actuel de monter sur scène. Sa voix et son univers suffiraient à en faire un phénomène. Mais il y a aussi le son, le look et la scène… Bror Gunnar Jansson a trente ans mais il est vêtu à la mode des années 20, il joue de la guitare électrique, bien sûr, chante, actionne une grosse caisse et charley du pied droit et une caisse claire du pied gauche. Il a un son bien a lui, quelque part entre Tom Waits et Howlin’ Wolf: c’est blues, c’est sale, c’est rock, c’est classe… C’est surtout à découvrir sur scène.

Lorsqu’il s’assied à son tabouret, prends sa guitare d’une main, une baguette de batterie de l’autre, gratte un riff en aller retour et frappe la cloche qui surmonte son charley, on en prends plein les oreilles. Et lorsqu’il chante de sa voix puissante « Black snake’s moaning… », j’ai la chair de poule en prenant une photo. Il va jouer essentiellement son dernier album « Moan Snake Moan » et quelques titres que je ne connaissais pas, peut-être ceux qu’il est parti enregistrer pour son nouvel album. Sur la chanson-titre, on est vraiment chez Howlin’ Wolf, la même fièvre, la même passion dans la voix. Sur « One For Earth », on aime se perdre dans une transe blues alors que sur « New Mountain Ballad n°1 », on rejoint un Tom Waits qui se serait perdu du côté de Göteborg.

Quand on écoute du blues, c’est pour une certaine forme de nostalgie, des codes du genre. Ca fait 100 ans que ça marche, pourquoi changer… Mais quand un Bror Gunnar Jansson débarque, on a cette agréable sensation d’avoir fait le ménage dans le garage: on s’y retrouvait dans notre bordel, mais c’est quand même agréable d’avoir rangé.

J’attendais depuis quelques mois l’opportunité de voir Bror Gunnar Jansson sur scène, et l’attente a été récompensée Gare St Sauveur. Un cadre familial propice aux découvertes, comme par exemple Leonie Evans avec sa folk communicative.

Des artistes à suivre, et à revoir, et une scène à surveiller de près…

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