Bernard Allison @ Tourcoing 25 octobre 2012

On présente souvent Bernard Allison comme « le fils de Luther Allison ». Mais ce n’est pas seulement ça. Certes, son héritage musical paternel est conséquent, mais on a pu voir avec quelle classe Bernard Allison a su se forger « son » blues, et dans un lieu qui porte vraiment bien son nom : Le Magic Mirrors. Une soirée d’exception.

Le Magic Mirrors, comme tout les ans, s’installe sur le parvis Saint Christophe de Tourcoing pour le Tourcoing Jazz Festival. Ce festival est l’un des plus renommés en France, et met un point d’honneur chaque année à inviter des artistes d’horizons très différents, touchant au jazz de près ou de loin… c’est là que j’avais par exemple pu y voir Daby Touré en….2004 il me semble. Mais Daby n’est pas le sujet du jour.

Le Magic Mirrors est donc une salle circulaire, une scène à un endroit, des boxes avec des tables sur le pourtour, une piste de danse en bois au centre. Un lieu merveilleux, très « rétro ». Mais hélas pas de photos…Le Tourcoing Jazz Festival est resté sourd à mes demandes d’autorisations, et j’ai pu voir ce soir qu’il n’y avait pas besoin d’autorisation… ça aurait été plus simple qu’ils me le disent, tant pis.

A 21h, le groupe de Bernard Allison entre en scène, mais sans ce dernier. Jose James, le multi-instrumentiste du groupe, chauffe la salle, et armé de son saxophone tenor, ils emmène le groupe dans un blues très funky. On sent tout de suite la grande cohésion du groupe, la musique coule toute seule. Jose James est donc au saxophone, qu’il délaisse pour des percussions, il assure les chœurs également. A la batterie, c’est Erick Ballard, qui sera particulièrement impressionnant à la fin de la première partie, on y reviendra. A la basse 5 cordes, c’est Victor Jackson, et enfin, à la deuxième guitare, c’est l’étonnant Michael Goldsmith, seul européen du groupe, il vient d’Allemagne.
Au début du second morceau, Jose James annonce Bernard Allison qui entre enfin en scène. De premier abord, on dirait qu’il est plutôt parti pour nous jouer du Bob Marley que du Jimi Hendrix: dreads sous un bonnet, sa fameuse guitare « Milky Way » et… des santiags en croco.  Et quand il joue, pas de doute, c’est l’influence de Jimi, mais pas seulement, c’est du Chicago Blues moderne, on peut dire qu’il y a la patte « Bernard Allison ».
Mais on ne passe aux choses sérieuse pour de bon qu’à partir du troisième morceau, avec un « Rocket 88 » beaucoup plus « blues rock », incluant même un riff des Bluesbreakers. Le concert est parti pour de bon. Chaque musicien y va se son solo, chaucn son tour au centre de la scène. Bernard partage équitablement les soli avec Michael, qui tient bien la comparaison. Le groupe se lâche au fur et à mesure qu’ils prennent de l’assurance, les sourires complices sont de mise.
Bernard enchaîne sur un riff reconnaissable entre tous, et on a droit à un « Voodoo Chile » à la sauce Bernard Allison.
Chaque musicien apporte sa touche très personelle à la musique de Bernard Allison, ce qui lui donne sans doute toute sa saveur . Que ce soient le saxo ou les percussions de Jose James, la Basse de Viktor Jackson, ou la seconde guitare de Michael Goldsmith, à faire pâlir d’envie pas mal de lead guitar…
Petite entracte avant de livrer une seconde partie à la hauteur de la première, avec notamment un final de 15 minutes, à la fois vibrant hommage à Luther Allison, splendides improvisations, solos à tomber – surtout à la basse 6 cordes, et, aussi, un peu d’humour, bien que la frontière entre humour et émotion est fine, selon le degré de candeur que l’on prête à Bernard Allison lorsque ce dernier, yeux vers le plafond, mime des paroles, faisant sonner sa guitare comme si elle parlait…
La salle est conquise, réclame un rappel… auquel nous n’auront malheureusement pas droit…

Un concert magnifique, entre tradition du blues rock et renouveau. Bernard Allison, dans son style bien à lui, épaulés par des musiciens dans le même état d’esprit, entre maîtrise technique et perfectionnisme de la mélodie, nous aura livré une bien belle soirée, et perpétue avec brio sa lignée de bluesmen.

Un très grand merci à Amandine Clercq pour ces très sympathiques photos de la soirée.

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