L’Aéronef est complet pour le métal progressif instrumental des américains de Polyphia, la référence du moment, et le duo Graphi-T en première partie.
Graphi-T
Graphi-T est un duo non-binaire composé de Sasha et Neve, qui a l’audace et l’énergie d’un jeune groupe. Leur musique est inclassable – j’ai vu sur le net « électro radicale », ce qui n’est pas mal trouvé. Leur proposition est en effet très radicale : des légendes disent qu’à chacun de leurs concerts, Pascal Praud a des brûlures d’estomac. Je n’ai pas accroché plus que ça, à part un titre, mais ce groupe ne demande qu’à mûrir. À surveiller.
Polyphia
On croyait l’ère des guitar heroes morte et enterrée depuis les années 2000, mais le djent – sous-genre du métal progressif – a prouvé le contraire, avec Polyphia et surtout Tim Henson, sorte de Clapton Van Halen androgyne des années 2020. Sa technique est incroyable – tapping, legato, influences hip-hop et math rock mélangées avec une fluidité déconcertante – mais à l’instar d’un Satriani, la virtuosité pure sans aspérités n’est pas toujours ce qui m’accroche le plus. C’est techniquement brillant, indéniablement. Toujours est-il que l’Aéronef est au taquet – un public connaisseur qui réserve un accueil bien lillois au quatuor américain. Outre Henson, on retrouve Scott LePage à la guitare, Clay Gober à la basse et Clay Aeschliman à la batterie.
Seize titres au programme, rappels compris – G.O.A.T. et Playing God en clôture, deux des titres les plus attendus du répertoire. Le set est propre, sans surprise, et c’est exactement ce que le public est venu chercher. Un concert de techniciens, par des techniciens, pour des techniciens – et dans ce registre, Polyphia est inattaquable.
Polyphia à Lille : la setlist
Loud
Chimera
Goose
40oz
Icronic
Champagne
The Worst
All Falls Apart
Crush / Culture Shock
So Strange
ABC
Euphoria
Rappels:
Genesis
Playing God
G.O.A.T.