Mark Knopfler + Bob Dylan @ Lille 16 novembre 2011

Mark Knopfler revient enfin à Lille, où on avait pas eu la chance de le voir depuis la fantastique tournée « Shangri-La » en 2005. Et cette fois ci, on a non pas une, mais deux légendes pour le prix de… deux.
Knopfler, on sait à quoi s’attendre: un show tranquille, il ne va pas révolutionner le rock ce soir. Dylan… je connais de nom mais ne me suis jamais penché sérieusement sur son cas… et je pense pas que ça sera pour demain, la prestation de ce soir m’a vraiment laissé perplexe.

Knopfler oblige, j’ai craqué pour des places VIP: quitte à payer des places chères, autant être bien placés, on est plus à 20€ près: on est donc dans les gradins, deuxième rang face à la scène, une vue imprenable sur un Zénith plein à craquer : les gens ne peuvent pas tous rentrer dans la fosse, c’est compact jusqu’aux portes. A 20h précises, les lumières s’éteignent et Mark Knopfler et son groupe entrent en scène, très bien accueillis. Ca fait bizarre de voir « la voix et la guitare de Dire Straits » faire une première partie… mais je ne vais certainement pas m’en plaindre, surtout quand on entend les première notes de « What It Is ». Il ne faut que quelques secondes pour réaliser que ce son, cette guitare, pas de doutes, c’est unique et c’est pour ça qu’on est là.
Le groupe de Knopfler est presque le même que lors de la tournée Get Lucky, qui n’a malheureusement pas fait de détour par Lille cette année, et après le concert de ce soir, je regrette de ne pas avoir fait le déplacement jusque Paris.
Glenn Worf est toujours à la basse et contrebasse, l’inséparable Guy Fletcher est aux claviers, et à l’occasion à la guitare acoustique. Richard Bennett est toujours là en seconde guitare, ça fait plaisir à voir et à entendre. A la batterie, c’est Ian Thomas, et je suis particulièrement content de revoir Jim Cox au piano et à l’accordéon, il n’avait pas tourné avec Knopfler depuis 2001 pour cause de problèmes de santé. Et ce n’est pas tout : un duo d’écossais colorent ce groupe d’une teinte très « celtique » avec Michael McGoldrick et John McCusker, respectivement à la cornemuse et au violon… et ils jouent tout deux de la flûte. Ca fait du beau monde sur scène, et la musique de Knopfler se trouve changée, juste un peu mais c’est très réussi.
A noter d’ailleurs, ça doit surement diviser les fans hardcore, mais il n’a quasiment pas joué de Dire Straits – j’y reviendrai – mais uniquement son répertoire solo, et je trouve que c’est une bonne chose. J’aurais pas craché sur un « Telegraph Road » celà dit…

Le groupe ne prend pas de pauses, Mark ne parle quasiment pas entre les morceaux, on a pas l’habitude de le voir comme ça, mais je pense qu’il a préféré privilégier la musique, quitte à jouer le maximum de morceau dans le temps qui lui est imparti. Après un final majestueuse pour « What It Is », ils enchaînent avec « Cleaning My Gun » issu du dernier album, avec de jouer une nouvelle chanson « Corned Beeef City », ambiance assez country, très prometteuse.
« Sailing To Philadelphia » restera pour moi le plus beau moment de ce concert : Mark est en forme, vocalement et guitaristiquement, même si le mot n’existe pas. Là encore, un très beau développement sur le final de la chanson, qui prolonge un peu ce chef d’oeuvre de la carrière solo de Knopfler. Les mauvaises langues diront que c’est assez artificiel comme façon de rallonger le morceau, ça fait déjà deux fois qu’il fait le coup sur quatre chansons…
Vient ensuite « Hills’ Farmer Blues », que je n’avais pas encore eu la chance d’entendre en live. Très belle interprétation, bien que la mandoline répétitive de Benette soit un peu trop présente à mon goût.
Autre nouveau titre avec l’excellent « Privateering » qu’il me tarde de re-entendre quand ca sortira: Mark à la guitare acoustique, là encore une couleur country pour ce morceau entre les campagnes irlandaises et américaines.
Changement d’ambiance – et de guitare… aaah la Gibson ’58 c’est une star à part entière – pour « Song For Sonny Liston » très bluesy, toujours efficace.
Mark prend la parole pour dire qu’ils vont jouer une chanson qu’ils ont du jouer la dernière fois qu’ils étaient venus à Lille, et en effet, il rejouent « Done With Bonaparte », avec son refrain festif, entêtant, joué à la perfection avec cette configuration de groupe très « acoustique ».
Autre grand moment ensuite, avec linédit en live « Marbletown » qui bénéficie lui aussi d’un final magique avec la mise en avant de John McCusker en duel avec Mark. Enorme.
Mark reprend sa Gibson ’58 pour « Speedway at Nazareth »… je n’ai jamais retrouvé la puissance du live entendu en 2005 et 2006, même en ecoutant les bootlegs…et c’est toujours aussi énorme, la montée en puissance, maintenant agrémentée d’un final prolongé, c’est un pur plaisir à entendre en vrai: la force du live, irremplaçable.

Mais…hélas… c’est fini… première partie oblige. Un « faux rappel » – une attente de 15 secondes, sans doute pour des raisons de timing – et ils reviennent pour jouer le seul titre de Dire Straits de la soirée et c’est…. « So Far Away »!
Enfer et damnation ! « So Far Away » !
LA chanson que je déteste de Dire Straits !
Pas de chance, mais ça semble plaire aux fans de Bob Dylan, visiblement peu au courant de la carrière solo de l’ex Dire Straits.
Et c’est fini… entracte pendant que la scène est préparé pour l’américain légendaire. Je ne sais pas à quoi m’attendre, mais c’est assez déstabilisant de voir un concert à l’envers : en général, on découvre la première partie, mais on vient pour la seconde.

Mark Knopfler : la setlist

What It Is
Cleaning My Gun
Corned Beef City
Sailing to Philadelphia
Hill Farmer’s Blues
Privateering
Song for Sonny Liston
Done With Bonaparte
Marbletown
Speedway at Nazareth
So Far Away

Cruelle déception lorsque la partie de Bob Dylan commence : un orchestre de 5 musiciens en veste blanche, musique rockabilly, et Bob Dylan… caché sous un grand Stetson, uns voix…incompréhensible. Ce qui n’est pas un scoop en soit, les caricatures du bonhomme sont connues. Oui, sauf que la, il faut ajouter à ça un son déplorable, et Bob qui ne chante pas du tout, et qui compense sa voix éteinte par un micro sur-saturé.
On patiente jusqu’à la fin, espérant un sursaut de quelque chose de joli. Mais non. Et on part même avant les rappels, et nous n’étions pas les seuls.

On retiendra de cette soirée l’excellente performance de Mark Knopfler, qui nous a une fois de plus enchantés avec son répertoire solo, épaulé par un groupe incroyable, avec une teinte très acoustique. Pour Dylan… eh bien… disons que je ne le découvrirais pas en live, ses albums doivent être mieux !

Merci beaucoup à Elian pour les photos !

Bob Dylan : la setlist

Leopard-Skin Pill-Box Hat
Don’t Think Twice, It’s All Right
Things Have Changed
Tangled Up in Blue
Honest With Me
Not Dark Yet
Jolene
A Hard Rain’s A-Gonna Fall
Highway 61 Revisited
Tryin’ to Get to Heaven
Thunder on the Mountain
Ballad of a Thin Man
All Along the Watchtower
Like a Rolling Stone
Rappel:
Forever Young

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