Bruce Springsteen & E-Street Band @ Paris 05 juillet 2012

Je n’avais jamais vu Bruce Springsteen et son E-Street Band en concert. Cette erreur est réparée. 3h38 de concert, sans interruption, du rock, de la musique passionnée, transpirée, célébrée, généreuse et authentique.
Désolé pour les futurs groupes que je verrai en concert, le Boss est bel et bien le patron, et il a placé la barre assez haut. Et c’est un euphémisme.

Les photos illustrant cet article m’ont été gracieusement prêtées par rockerparis, vous pouvez voir plein d’autres photos sur son site www.rockerparis.blogspot.fr, du concert de Springsteen et de plein d’autres ! Merci !

Après plusieurs occasions manquées depuis que j’ai découvert le boss en 2005, et après son excellent dernier album « Wrecking Ball », je ne voulais pas manquer ce concert parisien. Même en étant devant l’ordi le jour de la mise en vente, pas moyen d’avoir de bonnes places assises, j’ai pris des places en fosse.
Après une série d’évènements dignes de la Loi de Murphy, je n’arrive à Bercy qu’à 15h et je découvre à quel point le public du boss est acharné: une file immense, dont 800 personnes qui ont eu un bracelet le matin à 8h pour être dans les premiers rangs de la fosse. C’est un moyen pas bête qui permet à Springsteen d’avoir des fans absolus dans les premiers rangs, qui assurent une ambiance irréprochable.
C’est parti pour au final 6h d’attente, moitié dehors sous la pluie, moitié dans la salle. j’ai pris place au niveau de la console, mais la scène peu surélevée et l’altitude moyenne des têtes devant moi m’empêchaient de bien voir.
Avec près d’une heure de retard, les lumières s’éteignent, et un Bercy plein à craquer rugit. Impressionnant. Roy Bittan et Chrles Giordano nous font un duo d’accordéon sur « au clair de la lune », pendant que dans leur dos, le E-street Band prend place, et Springsteen les gratifie d’une révérence avant de passer aux choses sérieuses: « Bonsoir Paris! Vous êtes prêts ? »… La foule exclamé un « oui! » massif…
S’ils savaient…
La veille, le Boss a fait 3h30 de concert, sans interruption.

C’est parti avec « Ties that Bind », enchaîné sur « No Surrender ». Plusieurs choses frappent: malheureusement la qualité du son, vraiment pas terrible, sur-saturé de là ou j’étais, en théorie la meilleure place pour le son… dommage. Autre chose de frappant: le E-Street Band, d’une réputation légendaire, surpasse tout: un groupe comme on n’en fait plus, aux mécanismes si parfaits qu’il faut bien le charisme du Boss pour que ce dernier soit toujours la star du concert.
Tout d’abord Max Weinberg, sérieux derrière ses petites lunettes, assure un rythme implacable, derrière sa modeste batterie. Un jeu sans fioritures, mais puissant et d’une justesse et d’une efficacité infaillible de métronome. Même chose pour Gary Tallent à la basse, dont la discrétion scénique contraste avec sa basse, bien présente derrière les 3 guitares électriques. Car outre Springsteen, il y a deux autres guitaristes sur scène: tout d’abord Nils Logfren, qui s’offre le luxe d’une belle carrière en solo lorsqu’il n’est pas pris par le E-Street Band: un jeu flamboyant, très inspiré, magnifiquement complémentaire avec celui de Steve « Little Steven » Van Zandt, qui a l’air du plus heureux des hommes sur scène, il s’éclate et ça se voit. Roy Bittan est le plus souvent derrière un piano à queue, l’indispensable piano de la musique de Springsteen. Au saxo, le pilier du E-street Band, Clarence « Big Man » Clemons n’est plus, emporté par une attaque en juin 2011. Un coup dur pour le groupe, tant Clemons était le ciment du E-Street Band. Irremplaçable bien sur, le groupe s’offre donc une section complète de cuivres, emmenée par le neveu de Clarence Clemons, Jake Clemons qui reprend très bien le flambeau. Ajoutons à tout ça des choristes, un percussionniste, sans oublier bien sur Patti Scialfa à la guitare folk e aux chœurs, et on arrive donc à 16 personnes sur scène, tout de même.
« Two Hearts are Better Than One » précède « Downbound Train »: ce titre étaient réclamés par des fans dans les gradins, il n’en faut pas plus à Springsteen qui fait des signes à Max et Steve, et c’est parti. Le Boss n’aime pas les setlists figées, chaque date c’est un concert complètement différent, certains feraient bien d’en prendre de la graine…

Le groupe continue avec des anciens titres comme « Candy’s Room » et « Something In The Night », de l’album « Darkness On The Edge Of Town », avant de passer aux titres du dernier album, beaucoup moins insouciants.
« We Take Care Of Our Own » tout d’abord, hymne des laissés pour compte de la crise économique. Auprès des néophytes, Springsteen a un peu cette image de l’américain caricatural, chauvin, grande gueule, limite Rambo. « Born In Te USA » n’a pas du aider. Alors qu’en réalité, Springsteen est un parolier hors pair, de la veine de Dylan, mains on comprend un peu mieux. C’est un peu un observateur de la réalité qui se cache derrière le rêve américain. On continue sur le même thème avec le martial « Death To My Hometown »‘: excellent en live, mais cette remarque s’applique sur toute la discographie du boss.
On se calme un peu, et on a encore droit à un hymne à la Springsteen avec « My City Of Ruins » qui évoque l’Amérique post 9/11 et Katrina, mais surtout, la survie avec un « Come On Rise Up! » chanté par tout Bercy. magnifique. Retour en arrière avec un « Spirit in The Night » énorme, habité quelque part par les fantômes du E-Street band, Danny Federici, disparu en 2008, et Clarence Clemons.
« Incident on 57th street », une de mes préférées de Springsteen, un texte poignant, une ligne de piano magnifique, et la mélodie n’est pas en reste. Un grand moment, et une nouvelle preuve de tout le talent de Springsteen, quel que soit le registre. « Because The Night », repris en chœur par un Bercy toujours aussi friand de tubes, prècède le fiévreux « She’s The one »; le public est captivè, la salle résonne des c(h)œurs de 17 000 fans.
C’est parti pour un petit rock’n roll avec « Working On The Highway », enchaîné sur « I’m Going Down », avant de repartir sur un titre issu du dernier album : « Easy Money ».
Vient ensuite le tube « Waiting On a Sunny Day », que le public entonne des les premiers accords de guitare acoustique. Un titre frais, parfait en concert, indispensable. Springsteen choisit une jeune fille dans la fosse pour monter sur scène avec lui, et il lui cède la place pour chanter! Et c’est pas tout, elle a aussi droit au fameux dérapage sur les genoux en compagnie du boss! Un bon moment, dont elle risque de souvenir très longtemps.

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Le E-street Band est au devant de la scène, tous alignés, Springsteen nous explique que le E-Street Band est un groupe de rock’n soul, et c’est parti pour un long medley de reprises de soul comme « 634-5789 », et un Springsteen qui fend la foule pour chanter depuis la fosse, avant de revenir sur la scène en pogo.
Le bougre reprend son souffle avant de jouer la fameuse version seul au piano de « For You », devant un Bercy pour une fois bien silencieux devant l’émotion de l’interpretation.

Sans transition, changement d’ambiance avec « Racing in The Street », le E-Street Band est de retour et se lâche une fois de plus, avant de continuer avec une autre hymne : « The Rising », le public est bien sur toujours aussi enthousiaste. Il faudrait être difficile pour ne pas l’être avec un groupe et une setlist pareils. Et ça continue ! « Out In The Street », rien que ça! On approche déjà de 3h de concert, et c’est parti pour un « Land Of Hope and Dreams », version 2012. Une version efficace, avant un salut qui n’est qu’un prétexte pour lancer la dernière partie.

Springsteen revient seul avec une chanson qu’il a dédiée à son modéle: Adèle Springsteen, sa maman de 90 ans, debout dans les gradins, avec sa sœur et ses enfants « We Are Alive » avec son dèbut trés folk, la montèe en puissance, le E-Street Band s’en mêle et les cuivres se la jouent mariachis…excellent.
« Thunder Road » en guise de second rappel, c’est du caviar, et l’indispensable et indémodable « Born to Run » ensuite, que demande le peuple? Encore plus! Le patron est généreux: « Glory Days » précède « Seven Nights to Rock », et ce n’est pas tout: Jessica Springsteen rejoint son papounet pour danser dans la pénombre. A la fin de « Dancing In The Dark », le Boss rend les armes, allongè sur la scène, il se plaint « Fatigué… Je suis fatigué! » alors que Steve l’arrose avec une éponge…

Mais il y a un dernier soubresaut, et ils nous jouent « 10th Avenue Freeze Out », l’occasion pour le Boss de se fendre d’un dernier bain de foule, d’où il rend un bel hommage à Clarence Clemons « This is an important part ! »: ce n’est pas vraiment une minute de silence, au contraire; la musique s’arrête sous les acclamations et les applaudissements nourris du public qui salue l’immense artiste disparu il y a un an, pendant que défilent des images d’archive sur les écrans. Un très beau moment humain.
Reste le final rituel, ou Springsteen, comme un Monsieur Loyal, dit « Vous venez de voir le  » insérerez les qualificatifs les plus démesurés qui soient, puis, scandés avec le public « E ! Street ! Band ! ».

Le Boss a livré ce soir un concert d’anthologie. 31 titres, certains rarement joués, choisis pour les fans. Un concert parfait musicalement de la part du groupe, seuls quelques problèmes techniques sont venus ternir le son déjà pas terrible par moments, mais ça n’a en rien gâché la fête. Parce que c’est ça un concert de Springsteen, chaque soir est une fête démesurée où ils se donnent à 200%. Pas besoin de mise en scène, de jeux de lumières élaborés ou de décors : une scène, un public, et de la passion suffisent.

Après vérification, la légende du E-Street Band s’avère fausse: la réalité surpasse la légende, c’est indispensable de les voir en live, les avis sont unanimes. Il se murmure que l’année prochaine, ce sera le Stade de France… l’attente va être longue.

Bruce Springsteen : la setlist

The Ties That Bind
No Surrender
Two Hearts
Downbound Train
Candy’s Room
Something in the Night
We Take Care of Our Own
Wrecking Ball
Death to My Hometown
My City of Ruins
Spirit in the Night
Incident on 57th Street
Because the Night
She’s the One
Working on the Highway
I’m Goin’ Down
Easy Money
Waitin’ on a Sunny Day
Apollo Medley
For You
Racing in the Street
The Rising
Out in the Street
Land of Hope and Dreams
Rappels:
We Are Alive
Thunder Road
Born to Run
Glory Days
Seven Nights to Rock
Dancing in the Dark
Tenth Avenue Freeze-Out

UN COMMENTAIRE

  1. Emmache dit :

    Toujours aussi bon le boss. Merci pour cette page musicale

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