Omnia @ Deerlycke 21 août 2010

Omnia a sorti son nouvel album « Wolf Love » à l’occasion du Castlefest, l’occasion de repartir en tournée avec un nouveau spectacle. Chaque pays avait droit à son concert de lancement, et pour la Belgique, c’était au Festival Folk de Deerlycke.

Préférant connaître les morceaux que j’allais voir en live, j’ai téléchargé l’album sur le net (ouh pas bien) deux semaines avant afin de m’en imprégner. L’impression générale était : superbe, mais pourquoi diable Jenny délaisse-t-elle la harpe pour le piano ? Et pourquoi y-a-t-il un batteur qu’on entend pas ?
J’attendais le festival de Deerlycke avec impatience pour voir ce que donnent les nouveaux morceaux sur scène.

Deerlycke est un petit village de la campagne Belge, dans lequel on a planté deux immenses tentes pour faire des concerts de folk pendant 3 jours. Omnia était à la fête ce deuxième jour, avec un public composé de pas mal de têtes connues, on ne peut pas dire que ce groupe ne sait pas fédérer ses admirateurs.
Omnia est déjà sur scène à faire les réglages quand on arrive, avec Tom en train de vérifier le cajun pendant que Steve fait semblant de faire le rythme sur sa tête. Des réglages un peu laborieux, le son n’est pas extraordinaire, et il fait très très chaud sous cette tente.
Une fois les règlages terminés – et Steve qui nous a remercie pour ce fabuleux concert, merci, au revoir – c’est parti pour de bon avec… Alive. Pas un nouveau titre donc, je ne m’y attendais pas, Steve ayant annoncé sur leur site que la nouvelle tournée serait l’occasion de découvrir de nouveaux titres, et de dire au revoir à la tournée précédente.
Ils ont pas mal de soucis techniques, mais l’ambiance est là, c’est le principal, et le public est très présent, pas de problèmes de ce côté là.
Autre classique : Tine Beltaine, là aussi c’est pas vraiment une nouveauté, mais qu’est-ce que c’est bien…
Il faut attendre le morceau suivant pour entendre enfin un titre de « Wolf Love » : c’est « Toys In The Attic », Jenny au piano, Tom reparti en coulisses… Steve et Jenny qui rigolent sans raison au début du morceau, bien barrés pour le coup, vu le titre et les paroles, c’est normal. Constat : très très bon en live, malgré le son perfectible.
Ils enchaînent avec « Saltatio Vita », Steve a laissé tomber sa veste – et il brille de transpiration – et il me donne chaud à sauter partout avec sa flûte. Ca bouge bien, Tom s’en donne à cœur joie et fait plaisir à voir. Semi-nouveauté en fait, puisqu’ils jouaient déjà ce titre lors des concerts précédents mais il vient juste de sortir en version studio sur « Wolf Love ».
Idem avec l’une de mes favorites : « Jabberwocky » adapté du même bouquin qu’un film récent a bien « fucked up », mais tout de même dédié à Johnny Depp qui est « fucking sexy » selon les dires de Steve. Un morceau calme, la mélodie chantée par Luka et Jenny, pendant que Steve parade avec une épée, vestiges du passé d’Omnia. Magnifique.
Une réelle nouveauté avec « Love In The Forest », qui m’a déçu: c’est un morceau à la mélodie toute simple, qui fait vraiment single, et sur l’album, on a une impression d’auto-dérision, de parodie, qu’ils ne développent pas assez sur scène – mise à part Jenny qui était vraiment drôle. On dira que c’est parce qu’ils commençent à jouer ce titre en live et qu’ils ne sont pas encore assez à l’aise. A noter la montée sur scène de deux choristes, les filles qui s’occupent du stand, et un sympathique solo de Philip depuis le fond de la scène.
Jenny reste au clavier pour « Niiv » issu de leur mini-album/best-of de 2009, avant de laisser la place à Tom et ses toms (haha) pour nous asséner un solo de batterie comme il en a désormais l’habitude, toujours aussi expressif lorsqu’il joue, et cette fois en faisant une transition assez marrante sur « Fidhe Ra Huri » où il fait mine de jouer de la flûte avec une baguette, alors que Steve joue effectivement depuis l’ombre du côté de la scène. Là encore un morceau qui bouge bien, instrumental et rythmé, avec Steve et Luka qui se livrent un duel didgeridoo / flûte. Le public manifeste bruyamment son enthousiasme. Jenny se demandait si nous étions un public professionnel, ou si nous étions payés… mais non, on a payé !
Ca continue avec les morceaux qui donnent bien en live, encore vestige de la tournée précédente, avec « Dil Gaya », la flûte orientale, le darbuka, le didgeriddo de Luka. On connait, mais on en redemande…
Steve fait allusion à la tête d’affiche du festival, la veille : le groupe Manau, et nous chante même le fameux refrain « Dans la vallée oh oh… » Il aime bien ça. Il aime les mots, il aime la poésie, et du coup…il aime bien le rap. La transition est toute faite pour leur rap à eux « Dance Until We Die ». Anarchiste, contestataire, provocateur… il sait y faire.
C’est excellent d’entendre ce morceau un an et demi après l’une des premières fois où ils l’ont joué sur scène à Trolls & Légendes, limite sous les sifflets. Ici, l’accueil a été plutôt tonitruant, et les regards complices dans le groupe prouvent qu’ils n’ont pas l’air mécontents d’avoir osé s’aventurer sur ce terrain pourtant dangereux chez les amateurs de musique celtico / folklo / gothico / pagano / mystiques…
« Wytches Brew » est dédié à un célèbre président noir américain qui sourit tout le temps et qui double les effectifs de l’armée américaine en Afghanistan. Là encore on est en terrain connu – sauf Steve qui se plante magistralement a plusieurs reprises – mais c’est toujours un plaisir à revoir.
Et là, surprise : c’est fini ! Quoi ? Déjà ?
On a tout de même droit à deux rappels… avec tout d’abord « Cornwall », un morceau du dernier album qui est l’un de mes favoris, ça change pas mal de ce qu’il font d’habitude, c’est calme, ça fait balade irlandaise. Steve s’applique tout particulièrement sur le chant pendant le premier couplet. On se rend compte à l’occasion que derrière ses apparences de frontman charismatique plutôt barré, c’est un chanteur d’exception. Le texte aussi change de d’habitude, ici c’est un texte autobiographique que nous offre Steve; c’est une chose qu’on peut remarquer sur les textes de « Wolf Love », Omnia gagne en maturité sur quelques titres (par exemple « Wheel Of Time »).
pour couronner le tout, un fan monte sur scène avec un gigantesque drapeau des Cornouailles, c’est vraiment superbe, malheureusement le titre étant plus calme, on entend beaucoup de brouhaha ça qui gâche un peu l’ambiance.
Et enfin, là encore une valeur sûre avec « Etrezomp Ni Kelted » et le plaisir de voir et surtout d’entendre Jenny à la harpe sur l’intro « En Avant Blonde ». Steve se plante encore, cette fois au bouzouki, mais c’est pas grave, les sourires sont là et l’ambiance détendue.

Nouvelle tournée donc, mais setlist…timide ! sur les 13 titres joués ce soir, 2 étaient inédits en live. Les autres ayant été rodés sur scène depuis un bon moment, je m’attendais à voir plusieurs titres de Wolf Love sur scène, à commencer par la chanson-titre, ou la nouvelle version de « Taranis », ou le subtil « Moon »…ou même d’anciens titres.
De même, beaucoup de piano, moins de harpe, exit « Dulaman », « Aunta Luonto » ou « Morrigan », place aux chansons plus calmes… même si l’ensemble est plaisant, j’ai personnellement hâte de retrouver un Omnia plus rythmé, exercice auquel ils excellent…
Mais ne boudons pas notre plaisir, ils ont le mérite d’innover, de ne pas s’enfermer dans un style particulier où on les attendrai sans réelle surprise.
Et un concert d’Omnia c’est plus que de la musique live, c’est un spectacle, c’est un esprit qu’on partage, voire même certains idéaux qu’on qualifieraient d’utopiques dans la grisaille du métro le matin… Merci pour ce rayon de soleil Omnia !

Merci beaucoup à la personne qui m’a laissé prendre sa setlist en photo, et au groupe pour leur dédicaces et leur sympathiques mots à propos de mes photos :)

UN COMMENTAIRE

  1. lecorne dit :

    Toujours de très belles photos qui retracent bien
    l’ambiance des concerts , la complicité aussi entre musiciens – et un compte-rendu très juste !!!

    je n’étais pas en Belgique – mais aux pays-bas au
    festival de Castlefest où j’ai pu découvrir quelques
    nouveaux morceaux !
    « love in the Forest » je n’aime pas – ( je ne comprends pas l’anglais) -et musicalement, je trouve qu’Omnia sait faire beaucoup mieux ! par contre,
    certains nouveaux morceaux au piano – me plaisent bien ! mais c’est un avis tout à fait personnel –
    et je souhaite longue vie à ce groupe !!!!

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